Rebondissement dans l'affaire du meurtre de Patricia Bouchon : le suspect renvoyé aux assises

Rebondissement dans l'affaire du meurtre de Patricia Bouchon : le suspect renvoyé aux assises

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JUSTICE - La chambre de l'instruction de la Cour d'appel de Toulouse s'est prononcée ce jeudi sur le sort de Laurent Dejean, seul suspect du meurtre d'une joggeuse à Bouloc près de Toulouse en février 2011 et en faveur duquel le parquet général a requis en janvier 2018 un non-lieu. Le suspect sera finalement renvoyé aux assises.

Il était optimiste et s'apprêtait, selon les propos de son avocat que LCI avait contacté mardi, à aller déguster "une entrecôte "et partir "à la pêche et à la chasse". La chambre de l'instruction de la cour d'appel de Toulouse  en a jugé autrement.  Ce jeudi, elle a décidé de renvoyer le seul et unique suspect après le meurtre de Patricia Bouchon devant une cour d'assises. Contre l'avis du parquet. 


La mère de famille était partie vers 4h40 du matin le 14 février 2011 à Bouloc, en Haute-Garonne. Elle n'était jamais rentrée. Le corps de cette femme de 49 ans, secrétaire dans un cabinet d'avocats avait été retrouvé un mois et demi plus tard. Les constatations avaient permis d'établir que la victime avait fait l'objet d'une agression mortelle d'une extrême violence. 


Mis en examen pour "homicide volontaire" et écroué en  février 2014, Laurent Dejean, plaquiste de profession et présenté comme "psychotique"  pendant l'enquête  a toujours indiqué qu'il était innocent dans cette affaire. 


"C'est clair, c'est net, c'est précis", a déclaré Me Debuisson, avocat de Laurent Dejean. "Dans ce dossier, il fallait un coupable, il a été incarcéré longtemps après les faits; par sa personnalité, Laurent Dejean est le coupable idéal", a-t-il ajouté devant quelques journalistes.


"C'est un soulagement. C'est un nouveau combat qui commence, on va peut-être obtenir des réponses", a indiqué Carlyne Bouchon, la fille de la victime.

"Pas de preuve"

Contacté en début de semaine par LCI, Me Guy Debuisson, avocat de de Laurent Dejean qui a déjà fait plusieurs demandes de remise en liberté mais qui lui ont toutes été refusées, s'apprêtait enfin à voir son client sortir de prison. 


"Aujourd’hui, mon client est très optimiste, car il est rare qu’un avocat général prenne cette décision. L’instruction a été très longue. Le dossier fait 47 000 feuillets. Mais les preuves ne sont pas là, nous confiait-il. D’abord, l'ADN retrouvé sur la victime est celui d'un homme mais pas celui de Monsieur Dejean. Or on sait qu’il y a eu des contacts très violents entre l’agresseur et la victime, des touffes de cheveux ont été retrouvées sur le chemin.... Ensuite, la voiture aperçue sur les lieux était une Clio grise alors que celle de mon client était blanche. Mon client n’a pas ailleurs jamais été reconnu par celui qui avait permis aux enquêteurs de faire le portrait-robot" en 2013. Enfin, des voisins du lieu de l’agression ont entendu des cris le 14 février, en l’occurrence, un homme dire 'Excuse-moi, je n’ai pas voulu ça', ça les a réveillés. Aucun des témoins n’a reconnu dans ces hurlements la voix de Monsieur Dejean. Par ailleurs, ces phrases ont été dites avec l’emploi du tutoiement, tutoiement qui n’aurait pas été utilisé entre mon client et Madame Bouchon". 


Pour la chambre de l'instruction visiblement, les preuves sont suffisantes pour renvoyer le suspect devant la cour d'assises. 

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