Meurtre de Sarah Halimi : pas de procès pour le suspect, jugé pénalement irresponsable

Meurtre de Sarah Halimi : pas de procès pour le suspect, jugé pénalement irresponsable

HOMICIDE - Le suspect dans l'affaire du meurtre de Sarah Halimi a été jugé pénalement irresponsable par la cour d'appel de Paris. L'homme ne pourra donc faire l'objet d'un procès aux assises, au grand dam des parties civiles.

Il n'y aura pas de procès pour l'homme suspecté d'avoir tué en avril 2017 Sarah Halimi, une sexagénaire de confession juive. Kobili Traoré a été déclaré pénalement irresponsable ce jeudi 19 décembre par la cour d'appel de Paris, écartant la possibilité pour lui d'être jugé par une cour d'assises. 

En appel, les juges ont du trancher entre plusieurs expertises psychiatriques contradictoires qui étaient versées au dossier pour conclure à l'abolition du discernement du suspect au moment du meurtre. C'était la principale peur des parties civiles, qui redoutaient que ce dernier échappe à la tenue d'un procès. 

Le 19 décembre, à l'audience, le parquet général s'était écarté de la position du parquet de Paris qui demandait, comme les parties civiles un procès aux assises pour "meurtre à caractère antisémite".

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"Une décision scandaleuse"

 Avocat des enfants de la victime, Me Francis Szpiner a dénoncé devant la presse "une décision scandaleuse". "Un homme dont les experts disaient qu'il avait été atteint d'une bouffée délirante à raison d'une prise volontaire de toxique se voit donc accorder l'impunité", a-t-il déclaré. "On vient de créer dans notre pays une jurisprudence Sarah Halimi, c'est-à-dire que toute personne qui sera atteinte d'une bouffée délirante parce qu'elle aura pris une substance illicite et dangereuse pour la santé se verra exonérée de responsabilité pénale", a-t-il mis en garde.

 A l'inverse, l'avocat de la défense joint par l'AFP, Me Thomas Bidnic, a exprimé sa "satisfaction et soulagement". "N'était en cause ici ni la lutte contre ce fléau qu'est l'antisémitisme, ni la politique pénale souhaitable contre le cannabis mais uniquement la question du discernement de Kobili Traoré au moment des faits, or celui-ci était manifestement aboli", a-t-il déclaré.

Dans la nuit du 3 au 4 avril 2017 à Paris, Kobili Traoré, pris d'une "bouffée délirante" après avoir consommé du cannabis, s'était introduit chez sa voisine Lucie Attal -connue sous le nom de Sarah Halimi- au troisième étage d'un immeuble HLM du quartier de Belleville. Aux cris d'"Allah Akbar", entrecoupés d'insultes et de versets du Coran, le jeune homme l'avait rouée de coups sur son balcon avant de la précipiter dans la cour. Le meurtre de la sexagénaire avait provoqué l'émoi en France et relancé, au sein de la classe politique, le débat sur l'antisémitisme. 

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