Meurtre du petit Philippe Bertrand : malade, Patrick Henry demande sa libération

Meurtre du petit Philippe Bertrand : malade, Patrick Henry demande sa libération

JUSTICE - Patrick Henry, condamné à la perpétuité pour le meurtre du petit Philippe Bertrand en 1976, demande sa libération en raison d'un cancer. La requête de l'un des plus anciens détenus français est examinée ce mardi.

Son nom est gravé dans l’histoire judiciaire française. En 1977, Patrick Henry prenait 'perpète' pour l’enlèvement et le meurtre du petit Philippe Bertrand. Il échappait de peu à la guillotine grâce, notamment, à la plaidoirie passionnée de son avocat, un certain Robert Badinter. "Si vous votez comme Monsieur l'Avocat général vous le demande, je vous le dis, le temps passera, c'en sera fini du tumulte, des encouragements, vous demeurerez seul avec votre décision. On abolira la peine de mort, et vous resterez seul avec votre verdict, pour toujours", avait-il lancé aux jurés. 

A 64 ans et après 40 années passées derrière les barreaux, l’un des plus anciens détenus de France demande sa libération en raison de son état de santé. Patrick Henry est atteint d’un cancer. Depuis le 15 mai, il est hospitalisé dans une unité sécurisée de l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière. Sa requête sera examinée ce mardi par le tribunal d'application des peines de Melun qui avait déjà donné son feu vert à sa libération conditionnelle en janvier 2016. Mais cette décision avait été rejetée quelques semaines plus tard par la cour d'appel de Paris, les juges considérant que ses projets de réinsertion n'étaient pas assez concrets et qu'il devait encore effectuer un travail sur lui-même. 

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Libération conditionnelle accordée à Patrick Henry en première instance

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"La France a peur"

Lors du refus de la cour d’appel en 2016, son avocate de l'époque Me Carine Delaby-Faure, avait estimé qu'on persistait à ne considérer en Patrick Henry qu'un "symbole". Un symbole de l'abolition de la peine de mort mais aussi de la réinsertion ratée.  L'affaire du petit Philippe Bertrand a eu un retentissement énorme en France à la fin des années 1970. En janvier 1976, l'enfant de 7 ans est enlevé devant son école à Troyes. Quelques heures après, Patrick Henry appelle ses parents pour réclamer une rançon d’un million de francs. Arrêté avant d’être relâché faute de preuves suffisantes, l'homme accepte une interview télévisée dans laquelle il dit espérer "un dénouement rapide et heureux de cette affaire". Le corps du petit garçon sera finalement retrouvé sous son lit. Le lendemain, le présentateur du JT, Roger Gicquel, ouvre son journal avec une phrase qui restera dans la mémoire collective : "La France a peur". Son procès, qui devient celui de la peine de mort, déchaîne les passions. Aux jurés qui viennent de lui sauver la tête, Patrick Henry lancera : "Vous n'aurez pas à le regretter". 

Détenu modèle, il est libéré sous conditions en 2001 mais il est arrêté, un an après, en Espagne avec 10 kilos de cannabis. Il retourne en prison. Depuis, l’homme n'a cessé de demander une libération conditionnelle, allant jusqu'à la grève de la faim. En vain. Mais la loi prévoit qu'une suspension de peine peut être accordée aux condamnés "atteints d'une pathologie engageant le pronostic vital" ou ceux dont "l'état de santé est durablement incompatible avec le maintien en détention". Au vu de son état de santé, le parquet de Melun a d'ores et déjà fait savoir qu’il prendra des "réquisitions favorables" à sa demande. 

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