Michel Fourniret et Monique Olivier en garde à vue pour une disparition en 1993

Michel Fourniret et Monique Olivier aux assises de Versailles.
Justice

SUSPECTS - Le tueur en série et son ex-femme ont été placés en garde à vue mardi, soupçonnés d'être impliqués dans la disparition de Lydie Logé, 29 ans, en 1993 dans l'Orne.

Michel Fourniret et Monique Olivier ont été placés en garde à vue mardi après-midi. Le tueur en série et son ex-femme sont soupçonnés d'être impliqués dans la disparition de Lydie Logé, une jeune femme de 29 ans, à Saint-Christophe-le-Jajolet (Orne), le 18 décembre 1993, a indiqué le procureur de la République d'Argentan, Hugues de Phily. Les deux suspects ont été placés en détention à l'Office central pour la répression des violences aux personnes (OCRVP) à Nanterre. 

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Les deux précédentes enquêtes s'étaient soldées par des non-lieux

En mai dernier le procureur avait confirmé la réouverture en 2018 de cette enquête sur la disparition de la jeune femme, en raison d'une "petite probabilité" que le tueur en série Michel Fourniret soit impliqué. "On a pu établir un rapprochement entre les traces ADN issues de composés organiques trouvés dans la camionnette de Michel Fourniret et l'ADN de la famille de la personne disparue" mais "la probabilité qu'il y ait un lien est petite", du fait des techniques d'enquête et de l'ancienneté des matériaux, avait-il précisé.

Cette probabilité est "très ténue parce qu'on est sur une technique qui s'appuie sur l'ADN mitocondrial" et non de l'ADN nucléaire avec lequel on peut avoir des certitudes "à quasi 100%", avait prévenu le procureur. "D'où ma très grande réserve. C'est le seul élément dont disposent les enquêteurs pour alimenter l'hypothèse Fourniret qui apparaît pour la première fois en 2018", avait insisté le magistrat.

La disparition de Lydie Logé avait déjà fait l'objet de deux enquêtes, entre 1994 et 1998 puis entre 2004 et 2009, mais toutes deux ont abouti à des non-lieux. Les enquêteurs avaient alors privilégié l'entourage familial très proche mais, entre suicide, disparition volontaire ou non, "rien n'a permis de privilégier une piste", avait précisé alors le procureur.

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Tous les deux condamnés à la perpétuité

Michel Fourniret et Monique Olivier sont déjà à l'origine de nombreuses disparitions qui leur ont valu des condamnations à perpétuité. Le premier a été condamné en 2008 par la Cour d'assises des Ardennes à la perpétuité incompressible pour le meurtre de sept jeunes femmes ou adolescentes entre 1987 et 2001, précédés de viol ou tentative de viol, et trois agressions. Monique Olivier, 59 ans à l'époque, a été condamnée à la perpétuité assortie d'une peine de sûreté de 28 ans, pour complicité dans quatre des meurtres et le viol en réunion d'une jeune fille.

Divorcés en 2010, Fourniret et Olivier ont été à nouveau condamnés en novembre 2018 à la perpétuité et à 20 ans de réclusion par la Cour d'assises des Yvelines, pour l'assassinat en 1988 de Farida Hammiche, âgée de 30 ans au moment de sa disparition et dont le corps n'a jamais été retrouvé. En septembre dernier, ils ont participé dans l'Yonne à une reconstitution dans l'enquête sur deux meurtres récemment reconnus par le tueur en série, ceux de Joanna Parrish et Marie-Angèle Domece commis entre 1988 et 1990. Mis en examen en mars 2008 pour ces deux assassinats, Michel Fourniret avait bénéficié d'un non-lieu mais l'enquête avait repris en juin 2012.

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