Mort d'Adama Traoré : les investigations des juges se terminent sans aucune mise en examen

Mort d'Adama Traoré : les investigations des juges se terminent sans aucune mise en examen
Justice
JUDICIAIRE - Les juges d'instruction parisiens chargés d'enquêter sur la mort du jeune Adama Traoré ont terminé leurs investigations sans qu'aucune mise en examen ne soit prononcé. Dans ce dossier, trois gendarmes avaient été placés sous le statut de témoin assisté pour "non-assistance à personne en péril".

Le jeune Adama Traoré est devenu le symbole de ce que l'on appelle "les violences policières" et aujourd'hui, sa famille veut la vérité. Pas sûr que ce besoin soit assouvi avec la décision qui vient d'être rendue publique. L'AFP rapporte ce mardi 12 mars que les juges d'instruction parisiens chargés de l'enquête sur la mort du jeune homme lors de son interpellation en juillet 2016 ont clos leurs investigations mi-décembre, sans avoir prononcé de mise en examen. 


Sauf revirement, personne ne devrait donc être poursuivi dans ce dossier. Une décision que les parties civiles craignent fortement de voir déboucher sur un non-lieu. A présent, c'est au parquet de prendre ses réquisitions avant que les juges ne rendent leur ordonnance finale. 

Dans ce dossier brûlant, les juges avaient entendu trois gendarmes et les avaient placés sous le statut de témoin assisté pour "non assistance à personne en péril", en novembre dernier.  Un statut qui signifie qu'il ne leur est pas reproché directement d'avoir commis une infraction.

Une demande de contre-expertise jugée irrecevable

La famille d'Adama Traoré avait formulé une nouvelle demande de contre-expertise, qui avait été jugée irrecevable par les juges d'instruction, en février dernier. Ce lundi 11 mars, l'avocat de la famille Traoré, Me Yassine Bouzrou, a réclamé que les trois gendarmes soient de nouveau entendus, dans l'espoir qu'ils soient mis en examen. Il estimait, selon l'Obs, que les interrogatoires des militaires étaient incomplets. 


Au cours de l'année dernière, une expertise médicale de synthèse, à décharge pour les gendarmes, avait été remise aux juges. Elle concluait que le pronostic vital du jeune homme était "engagé de façon irréversible" avant son arrestation, ce dernier souffrant d'une maladie génétique, la drépanocytose, ainsi que d'une pathologie rare. Deux maux qui, à l'occasion d'un épisode de stress et d'effort, auraient entraîné une asphyxie. 

Le 19 juillet 2016, la mort d'Adama Traoré, 24 ans, avait été constatée près de deux heures après son arrestation à Beaumont-sur-Oise (Val-d'Oise). Interpellé après une course-poursuite, il avait été maintenu au sol sous le poids des gendarmes. Il avait eu un malaise dans leur véhicule avant de décéder dans la cour de la gendarmerie de la commune voisine de Persan. Depuis le début de l'affaire, les proches d'Adama Traoré ont toujours dénoncé une interpellation violente, accusant aussi les gendarmes de ne pas avoir porté secours au jeune homme, laissé menotté jusqu'à l'arrivée des pompiers.

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