Mort d’Adama Traoré : un nouveau rapport dénonce l'expertise qui dédouanait les gendarmes

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RAPPORT - La famille d’Adama Traoré, décédé à 24 ans dans la cour de la gendarmerie de la commune de Persan, dans le Val d’Oise, après son interpellation le 19 juillet 2016, a fourni lundi à la justice une nouvelle expertise médicale contredisant les conclusions de l’enquête. Cette dernière ne met pas en cause la responsabilité des gendarmes présents au côté du jeune homme le jour de sa mort.

L’enquête sur la mort d’Adama Traoré relancée ? A quelques jours de l'expiration du délai de trois mois offert depuis décembre dernier aux parties pour faire des observations ou des demandes d'actes aux magistrats instructeurs avant les réquisitions du parquet puis la décision finale des juges, la famille du jeune homme décédé le 19 juillet 2016 dans le Val d’Oise a fourni un nouveau rapport d’expertise rédigé par quatre professeurs d'hôpitaux parisiens.

Dans ce rapport, alors que les juges ont décidé en décembre dernier de ne pas mettre en examen trois gendarmes présents sur les lieux du drame, les médecins remettent en cause une première expertise médicale remise en septembre après consultation de quatre experts mandatés par la justice. Ces derniers avaient alors indiqué que la mort du jeune homme était due à une maladie génétique, la drépanocytose, laquelle, associée à une pathologie rare, la sarcoïdose, avait entraîné une asphyxie à l'occasion d'un épisode de stress et d'effort. Selon eux, le pronostic vital du jeune homme était "engagé de façon irréversible" avant son arrestation.

"Conclusions biaisées"

Or, dans ce nouveau rapport, les professeurs choisis par la famille, spécialistes reconnus de la drépanocytose et de la sarcoïdose selon Le Monde, déplorent une conclusion "médicalement fausse car elle ne repose que sur des spéculations théoriques sans fondement scientifique, en l'état actuel des connaissances", selon le rapport que l'Agence France Presse a pu consulter. En parlant des premiers experts désignés par la justice, ils vont même jusqu’à parler de "conclusions biaisées sur le plan intellectuel, voire de l'éthique médicale". 

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Si le décès d’Adama Traoré suite à "un syndrome asphyxique aigu" n’est pas remis en cause, c’est l’origine de celui-ci qui est contestée, les médecins de ce nouveau rapport appelant à "se poser la question de l'asphyxie positionnelle ou mécanique", interrogation qui interpelle quant aux méthodes d’arrestation des gendarmes ce jour-là.

Alors que la justice va désormais devoir se prononcer sur le crédit accordé à ce nouveau rapport, l'avocat de la famille d’Adama Traoré, Yassine Bouzrou, a réclamé lundi une nouvelle audition des trois gendarmes. Il espère une mise en examen des trois militaires puis un renvoi devant une cour d'assises pour "violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner".

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