Mort d'Elodie Kulik: Willy Bardon condamné à 30 ans de réclusion

Mort d'Elodie Kulik: Willy Bardon condamné à 30 ans de réclusion
Justice

FAIT DIVERS – Willy Bardon a été condamné à 30 ans de réclusion pour viol, enlèvement et séquestration suivis de mort ce vendredi. L'accusé était jugé depuis le 21 novembre pour enlèvement, séquestration, viol et meurtre d'Elodie Kulik, en 2002.

Ce vendredi 6 décembre, après plus de deux semaines de procès devant la Cour d'assises de la Somme, la condamnation est tombée. Willy Bardon a été condamné à 30 ans de réclusion pour viol, enlèvement et séquestration suivis de mort pour l'assassinat d'Elodie Kulik en 2002.

Les jurés ont suivi les réquisitions de l'avocate générale, à l'issue de 13 jours d'une audience "hors norme" qui est revenue sur les "atrocités" commises sur cette employée de banque de 24 ans enlevée, violée, étranglée, puis brûlée en janvier 2002 près de Tertry (Aisne).

Un ADN et une voix

"Vous avez à juger des faits qui remontent à presque 18 ans (...) et dont les marques et ravages sont encore présents", a dit vendredi aux jurés l'une des deux avocates générales, Ségolène Attolou. Il s'agissait de juger des "atrocités" commises sur Elodie Kulik, jeune directrice de banque de 24 ans enlevée, violée, étranglée, puis brûlée en janvier 2002 à Tertry, à une vingtaine de kilomètres de Saint-Quentin (Aisne), a-t-elle rappelé.

Avant de mourir, la victime avait eu le temps d'appeler les secours, un enregistrement terrifiant de 26 secondes considéré comme la pièce maîtresse du dossier. Si la participation de Grégory Wiart, décédé en 2003 et dont on avait retrouvé l'ADN sur la scène du crime, est "indéniable", les deux hommes entendus sur l'enregistrement "font forcément partie de ses ravisseurs" et "le seul proche" qui est "reconnu sur la bande" par plusieurs témoins est Willy Bardon, a rappelé vendredi l'autre avocate générale, Anne-Laure Sandretto.

"Dans ce dossier, nous avons 12 témoins" de l'entourage de Willy Bardon interrogés sur la bande sonore, parmi lesquels "six sont formels et le reconnaissent". Concernant les autres, trois ne reconnaissent rien, deux ont dit aux enquêteurs avoir reconnu un "timbre" ou une "intonation" et Romuald J., considéré comme le frère de lait de l'accusé, a lui "changé son témoignage" entre les auditions et le procès, a détaillé l'avocate générale.

Double personnalité

L'accusé, immobile et sonné sur le banc, a, tout au long du procès, clamé son innocence. "Je n'y étais pas, je suis étranger à ces faits", avait-il encore insisté mercredi. Si, en dehors de l'enregistrement, il n'y a pas de preuve "scientifique", certains comportements l'accablent, notamment son "angoisse" tout au long de l'enquête à chaque audition de témoin, ou encore ses "multiples mensonges devant les gendarmes et juges d'instruction pour se défaire de sa proximité avec Wiart", a dit Anne-Laure Sandretto.

Ségolène Attolou a elle souligné les désirs sexuels "troublants" de l'accusé au regard des faits ou encore sa "double personnalité". Au cours du procès, il a été décrit comme "un gentil, bon père, pas méchant, grande gueule" mais aussi un homme "qui s'alcoolise", "qui peut se montrer violent", qui "fait peur aux femmes par son comportement, sa vulgarité". C'est "un homme qui aime les femmes, qui n'a jamais pu se retenir avec elles", a estimé la magistrate.

"Il faut rester objectif", a encore jugé Anne-Laure Sandretto, ne voyant pas suffisamment de "preuves" pour établir la présence de Willy Bardon sur la "deuxième scène" du crime, à six kilomètres de la voiture accidentée d'Elodie Kulik. "Mais, sur l'enlèvement suivi de mort, vous ne pourrez répondre que oui".

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