"J'étouffe" : les derniers mots de Cédric Chouviat aux policiers qui l'interpellaient

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Justice

ENQUÊTE - Cédric Chouviat, mort à la suite d'un contrôle policier début janvier à Paris, a répété à sept reprises qu'il étouffait lors de son interpellation. Les quatre policiers ont été entendus mercredi dernier par l'IGPN sous le régime de la garde à vue.

"J'étouffe !". Ce sont les dernières paroles répétées à sept reprises par Cédric Chouviat. Le 3 janvier dernier, ce livreur à scooter de 42 ans a été victime d'un malaise cardiaque après avoir été plaqué au sol lors d'un contrôle routier musclé aux abords de la Tour Eiffel. Le père de famille, interpellé pour usage du téléphone en conduisant, est mort à l'hôpital 48 heures plus tard. 

Selon un rapport d'enquête que se sont procurés Le Monde et Mediapart, les enquêteurs de l'Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale ont eu accès aux neuf vidéos tournées par le chauffeur-livreur et aux trois autres prises par l'une des policières impliquées dans l'arrestation. D'une durée de 12 minutes, les bandes sons, versées au dossier, éclairent sous un nouveau jour cette affaire. Sur les enregistrements qu'ont pu consulter les deux médias, "l'échange est relativement correct, même si nous pouvons ressentir une forme de provocation ou de défiance dans les paroles de la personne contrôlée". 

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Mais le ton grimpe entre Cédric Chouviat et les quatre policiers, auditionnés mercredi 17 juin par l'IGNP sous le régime de la garde à vue, que l'homme à scooter qualifie de "bande de clowns" et de "pauvre type". Alors que le contrôle semble sur le point de s'achever, le père de cinq enfants traite l'un des fonctionnaires de "guignol". Celui-ci décide alors de l'interpeller. Le livreur est plaqué et maintenu au sol, à l'aide de la technique de la clé d'étranglement, selon un témoin. À plat ventre, on l'entend se débattre, sous le poids des policiers, criant "arrête", "je m'arrête", avant de répéter"j'étouffe" à sept reprises. 

"Mes clients n'ont rien entendu"

"Mes clients n'ont rien entendu. Ils étaient au bord de la route. Dans cette rue, il y avait beaucoup de passage et ils étaient en train de lutter contre monsieur Chouviat pour attraper ses bras et le menotter", affirme à TF1 Me Laurent-Franck Liénard, l'avocat de trois des quatre policiers. "Comment peut-on imaginer une seule seconde que des gardiens de la paix aient entendu qu'une personne étouffait et n'aient rien fait pour arrêter les actes de contrainte ? Ça n'a aucun sens de le prétendre."

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Filmé inerte sur d'autres vidéos, Cédric Chouviat avait été transporté dans un état critique à l'hôpital. Il était mort le 5 janvier des suites d'une asphyxie "avec fracture du larynx", selon les premiers éléments de l'autopsie communiqués par le parquet de Paris, qui a ouvert une information judiciaire pour "homicide involontaire". Ce qui ne satisfait pas les proches de l'homme de 42 ans.

Vidéos à l'appui, sa famille a depuis dénoncé une "bavure policière" causée par des techniques d'interpellation "dangereuses". Elle réclame une requalification des faits en "violences volontaires ayant entraîné la mort" et la suspension des policiers. Leurs avocats, Mes Arié Alimi, William Bourdon et Vincent Brengarth, ont annoncé la tenue d'une conférence de presse mardi à 11h.

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