Meurtre, condamnation, remise de peine et grâce... les quatre ans du feuilleton judiciaire de Jacqueline Sauvage

Meurtre, condamnation, remise de peine et grâce... les quatre ans du feuilleton judiciaire de Jacqueline Sauvage
Justice

CHRONOLOGIE - Pendant quatre ans, elle avait tout tenté pour obtenir la clémence de la justice. C'est finalement du président François Hollande qu'était venue la grâce de Jacqueline Sauvage. Retour sur les grandes dates de cette affaire qui a déchaîné les passions.

Quatre années de bataille judiciaire après des décennies de calvaire. Jacqueline Sauvage, dont on a appris ce mercredi 29 juillet 2020 le décès, survenu la semaine dernière à son domicile de La Selle-sur-le-Bied (Loiret), était devenue un symbole des violences conjugales. Condamnée à dix ans de prison, pour le meurtre de son mari violent, elle avait fini par être graciée, d'abord partiellement, puis définitivement, par François Hollande. 

LCI revient sur ce combat judiciaire hors du commun.

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10 décembre 2012 : Le lendemain du suicide de son fils Pascal, battu lui aussi par son père, Jacqueline Sauvage tire trois coups de fusil dans le dos de son mari, Norbert Marot. Celui-ci meurt dans le pavillon familial de La Selle-sur-le-Bied, petite commune du Loiret.

28 octobre 2014 : Jacqueline Sauvage est condamnée en première instance par la cour d’assises d’Orléans à 10 ans de réclusion pour meurtre sans préméditation. La légitime défense n’a pas été retenue par les jurés, qui lui reprochent de ne pas avoir quitté le domicile ou porté plainte contre son mari avant de le tuer. Alors âgée de 65 ans, Jacqueline Sauvage fait appel.

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3 décembre 2015 : La cour d’assises de Blois confirme en appel la condamnation à 10 ans de prison de Jacqueline Sauvage. Il aura fallu cinq heures aux jurés pour qu’une majorité se dégage et la déclare à nouveau coupable. Des premiers groupes de soutien s’étaient mobilisés lors de ce procès, avec l’espoir d’un verdict moins sévère qu’en première instance. 

12 décembre 2015 : Le collectif ayant lancé une pétition sur internet pour demander la grâce présidentielle organise un rassemblement place du Châtelet, à Paris. "La demande de grâce est partie de la société civile, ce n’est pas notre initiative mais nous la soutenons", assure l’une des avocates de Jacqueline Sauvage, Me Nathalie Tomasini. D’après l’avocate, des députés de droite et de gauches, menés par Valérie Boyer, ont également déposés une demande de grâce présidentielle.

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25 janvier 2016 : Un comité de soutien est créé avec Anne Hidalgo, maire de Paris, l'ex-eurodéputé écologiste Daniel Cohn-Bendit et le dirigeant du Front de gauche Jean-Luc Mélenchon pour réclamer la "libération immédiate" de la sexagénaire et "la révision de la loi sur la légitime défense". À droite, Jacqueline Sauvage est également soutenue par Valérie Pécresse et Nathalie Kosciusko-Morizet.

31 janvier 2016 : Après  avoir reçu les filles de Jacqueline Sauvage et ses avocates, François Hollande décide d’accorder une première remise gracieuse de sa peine d’emprisonnement de 2 ans et 4 mois, ainsi que l’ensemble de la période de sûreté qu’il lui reste à accomplir, annonce l’Élysée dans un communiqué. Cette décision permet de présenter immédiatement une demande de libération conditionnelle. 

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12 août 2016 : La surprise est de taille lorsque le tribunal de Melun décide de rejeter la demande de remise en liberté conditionnelle. Pour les juges, Jacqueline Sauvage ne s’est pas assez interrogée sur la gravité de son acte et le sens de sa peine, indiquent ses avocates. La décision réveille ses groupes de soutien et une nouvelle pétition en ligne est lancée. La classe politique réagit également en s’indignant de cette décision. Après s’être un temps résignée, Jacqueline Sauvage fait appel de la décision. 

24 novembre 2016 : Malgré les nombreux soutiens dont bénéficie Jacqueline Sauvage dans la société civile ou parmi la classe politique, la cour d’appel de Paris rejette une nouvelle fois sa demande de libération conditionnelle. Pour ses avocates, "on lui reproche la médiatisation" de l’affaire. D’après elles, la cour lui demande "de sortir du discours de survictimisation et d’approfondir les efforts d’introspection". Elle renonce à se pourvoir en cassation.

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2 décembre 2016 : Les filles de Jacqueline Sauvage déposent à l’Élysée une demande de grâce totale pour leur mère. Une semaine plus tard, la présidence indique que la demande a été transmise à la Chancellerie et que le chef de l’État prendra sa décision sur la base de son avis.

28 décembre 2016 : François Hollande accorde à Jacqueline Sauvage une "remise gracieuse du reliquat de sa peine d'emprisonnement". Elle est alors "libérable immédiatement".

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