Nantes : après l'identification du corps de Steve, cinq enquêtes doivent éclaircir les circonstances de sa mort

Justice
JUSTICE - Alors que le corps retrouvé lundi dans la Loire a été identifié ce mardi matin comme étant celui de Steve Maia Caniço, une information judiciaire pour "homicide involontaire" a été ouverte. En parallèle, plusieurs enquêtes sont en cours pour faire la lumière sur les événements de la nuit du 21 au 22 juin dernier au cours de laquelle le jeune homme a disparu à Nantes, sur fond d'intervention policière controversée. Selon nos informations, l'enquête de l'IGPN est terminée. On fait le point.

Une information judiciaire "contre X" pour "homicide involontaire" a été ouverte ce mardi à Nantes à la suite de la disparition de Steve Maia Caniço, a annoncé ce mardi matin dans un communiqué le procureur de la République de Nantes, Pierre Sennès. Dans le même temps, une autopsie a confirmé que le corps en décomposition retrouvé lundi dans la Loire était bien celui du jeune homme.


L'animateur périscolaire de 24 ans n'avait plus donné signe de vie depuis la Fête de la musique à Nantes dans la nuit du 21 au 22 juin. Ce soir-là, des échauffourées avaient éclaté vers 4h30 entre des participants à un concert techno et les policiers venus exiger l'arrêt de la musique sur le quai Wilson de Nantes, un endroit sans parapet sur la Loire. Plusieurs personnes avaient alors chuté dans le fleuve. Depuis, alors que la police affirme n'avoir mené "aucune charge" - des participants au concert ont de leur côté raconté avoir été aveuglés par un nuage de gaz lacrymogène -, plusieurs enquêtes, toujours en cours, ont été lancées pour éclaircir les circonstances de cette opération de police controversée.

Plusieurs plaintes de policiers

L'une de ces enquêtes, annoncée près d'un mois après la disparition de Steve, fait suite à "dix plaintes de policiers qui ont été blessés lors des événements de la Fête de la musique et qui ont déposé plainte pour des violences sur personne dépositaire de l'autorité publique", selon les déclarations faites alors auprès de l'AFP par le procureur de la République à Nantes.


Une vingtaine de policiers avaient subi des jets de projectiles, selon le chef adjoint de la direction départementale de la sécurité publique, qui avait autorité sur le service d'ordre cette nuit-là. Une version contestée par de nombreux participants qui ont dénoncé une intervention disproportionnée.

L'enquête de l'IGPN est close

Le mercredi 3 juillet, les associations Freeform et Media'son, qui accompagnent des événements de musique électronique, avaient annoncé le dépôt d'une plainte collective "pour mise en danger de la vie d'autrui et violences volontaires par personnes dépositaires de l'autorité publique". Elle émane de 89 personnes présentes lors de la soirée le quai Wilson. Au moins deux d'entre elles sont tombées dans la Loire et quelque 140 témoignages ont été recueillis selon les associations.


Plus tôt, le 24 juin, une procédure judiciaire avait été ouverte au sein de l'Inspection générale de la police nationale (IGPN) pour enquêter sur les conditions de l'intervention controversée. Deux enquêtes ont été ouvertes dans le cadre de l'IGPN, une enquête administrative (demandée par Christophe Castaner) et une enquête judiciaire (à la suite d'une plainte collective pour "mise en danger de la vie d'autrui"). 


La police des polices devait rendre cette semaine ses conclusions au ministre de l'Intérieur Christophe Castaner. Après une entrevue entre ce dernier et Edouard Philippe, en milieu de journée, ce dernier devait s'exprimer à 16 heures, pour livrer les conclusions du rapport de l'IGPN. 

Le Défenseur des droits Jacques Toubon s'est également auto-saisi le 10 juillet pour enquêter sur cette soirée mouvementée.

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