Mort des deux filles de Nadia Karmel : à l'audience, le chauffard récidiviste demande pardon

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SECURITE ROUTIERE - Un chauffard avait tué deux enfants en avril 2018, dans l'Aisne. Il risque sept ans de prison et une annulation de permis de conduire pour cinq ans. Son permis avait déjà été suspendu pour excès de vitesse. A l'audience ce jeudi, il a demandé pardon.

Près d'un an et demi après les faits, le procès d'un chauffard de Laon, qui avait tué deux petites filles et blessé un nourrisson sur une route départementale de l'Aisne, s'est ouvert devant le tribunal correctionnel de Laon. Le prévenu, poursuivi pour homicide involontaire et blessures involontaires, encourt cinq ans de prison, 75.000 euros d'amende, assortis d'une annulation de permis de conduire et d'une interdiction de le passer pendant cinq ans. A l'audience, il a demandé pardon à la famille des victimes. "Je voulais dire que j'étais bouleversé par ce qui s'est passé. Tous les  jours, à chaque instant, j'y pense. J'ai pas de douleur comparable à celle de  la maman ou du papa. J'ose demander pardon, mais je sais qu'on ne me pardonnera  jamais", a déclaré le prévenu, âgé de 48 ans, très ému à la barre.

"Que ça ne se reproduise pas"

Le 3 avril 2018, il avait percuté, après avoir perdu le contrôle de son véhicule sous une pluie battante, à 113 km/h au lieu des 80 autorisés volant, la voiture de Nadia Karmel, à bord de laquelle cette mère de famille transportait ses trois enfants, âgés respectivement de 3 ans et demi, 2 ans et un mois. L'aînée est morte sur le coup, sa cadette, le lendemain à l'hôpital. Le benjamin, lui, reste sujet à des crises d'épilepsie, tandis que la mère a subi de multiples fractures. 

Auprès  de l'AFP, l'avocat de Nadia Karmel explique que sa cliente attend que la justice fasse en sorte "que ça ne se reproduise pas", soulignant que le prévenu, directeur d'un centre de contrôle technique, avait "déjà commis six infractions au code de la route, avec deux suspensions de permis, dont une pour un excès de vitesse de plus de 50 km/h". 

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Débat sur la vitesse

La défense, de son côté, plaide l'incertitude autour de la vitesse relevée par les experts, relevant que le prévenu roulait à 63 km/h au moment du choc. "Je ne me souviens de rien, je ne sais pas ce qui s'est passé", a déclaré le prévenu à l'audience, évoquant une rupture de pente à l'endroit de l'accident.  "L'orage était très important, il me semble que ma voiture est passée sur cette  veine d'eau."

Une expertise réclamée en décembre par la partie civile a établi que le  prévenu roulait à "113.9 km/h au moment de la perte de contrôle du véhicule,  pour une limitation à 80km/h". Mais la défense rappelle que  trois autres expertises préalables avaient abouti à des vitesses différentes.  Seule certitude: au moment du choc, le prévenu roulait à 63 km/h et le véhicule  de Mme Karmel à un peu plus de 50 km/h.

"Autant la perte de contrôle me semble simple à comprendre, autant le décès des enfants dans un choc entre deux véhicules qui roulent l'un à 63 km/h, l'autre à 51 ou 52 km/h, reste pour moi quelque chose d'assez mystérieux", pointe du doigt Gérard Chemla, qui renchérit : "Ça fait 40 ans que je vois des dossiers d'accident, on n'est pas dans quelque chose de commun".

Dans une interview à LCI, le 10 septembre, Nadia Karmel, qui a publié un livre relatant ce drame, mêlant à la fois l'intime et la revendication autour d'une plus forte sanction des excès de vitesse, avait pointé du doigt l'absence d'excuses du prévenu. "Il n'a jamais présenté d'excuses ou de condoléances. Un an et demi après les faits, ça n'aurait plus le même sens".

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