Nadine Morano en bébé trisomique : l'association qui poursuivait "Charlie Hebdo" déboutée

Nadine Morano en bébé trisomique : l'association qui poursuivait "Charlie Hebdo" déboutée
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JUSTICE - Le Collectif contre l'handiphobie poursuivait "Charlie Hebdo" pour injure et provocation à la haine et à la discrimination après la publication d'un dessin représentant Nadine Morano en "fille trisomique cachée du général de Gaulle". Mais le tribunal a relaxé "Charlie Hebdo" ce mardi.

Nadine Morano, la "fille trisomique cachée" du général de Gaulle : cette une, publiée en octobre 2015 après les propos controversés de la députée européenne sur la France pays de "race blanche", avait valu à l'hebdomadaire satirique Charlie Hebdo de comparaître en novembre dernier devant la justice. Mais le tribunal a finalement relaxé le journal satirique ce mardi, déboutant le Collectif contre l'handiphobie. 


Cette une, dessinée par Riss, était parue en 2015, après les propos polémiques de la députée européenne, dans l'émission de Laurent Ruquier. Elle y avait notamment déclaré que la France est "un pays judéo-chrétien, le général de Gaulle le disait, de race blanche, qui accueille des personnes étrangères", avait-elle déclaré. Des propos qui avaient suscité un tollé.

Un dessin "douloureusement ressenti par les parents de handicapés"

Ils avaient même fait l'objet d'un signalement de la part de la Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme (Licra), mais le parquet n'a pas donné de suite judiciaire. Sur le plan politique, Nadine Morano s'était vu retirer son investiture du parti Les Républicains pour les élections régionales. Dans la foulée, le Collectif contre l'handiphobie a déposé une plainte contre Charlie Hebdo pour injure et provocation à la haine et à la discrimination. 


Président de l'association, Alexandre Varaut, avocat de profession, expliquait en novembre dernier, que ce dessin a été "douloureusement ressenti par les parents de handicapés", une "gifle", dit-il. "On voit bien qu'on est une sorte de dommage collatéral", poursuit-il, mais le "bouffon est légitime quand il s'en prend aux puissants", "il ne faut pas se servir des faibles pour faire mal". Un point de vue qui avait animé les débats lors de l'audience. 

Le parquet demandait la relaxe

Pour Riss et Richard Malka, avocat de la publication, la cible n'était pas les handicapés mais Nadine Morano. Riss, auteur du dessin a expliqué qu'il n'a "jamais voulu donner de gifle à personne, à part, sur le plan politique", à Nadine Morano. Selon lui, le général de Gaulle lui-même, parlant de sa fille Anne, atteinte de ce handicap, disait qu'elle "vivait dans son monde à elle". Ce que le dessin voulait dire, c'est que Nadine Morano se trouvait "dans une situation d'incompréhension à l'égard de la pensée du général de Gaulle", précisait le dessinateur.


C'est une affaire "entre puissants", estimait l'avocat de l'association, Henri de Beauregard, "mais par pitié, laissez les enfants trisomiques en dehors de ça". Richard Malka, estimait de son côté, qu'on demandait à la justice de dresser "un mur de Berlin", une "Muraille de Chine", "entre le rire et le handicap". C'est la première fois que le journal est poursuivi pour un dessin sur ce thème, mais pas le première fois qu'il en publie. 


Le dessin "a pu blesser, évidemment. Les caricatures religieuses aussi sont blessantes", pour autant, "il faut bien les accepter", argumentait Me Malka. Que la caricature soit de "bon" ou de "mauvais goût", qu'elle puisse "blesser ou ne pas blesser", "ce n'est pas le critère", concluait-il. Le parquet s'était prononcé pour la relaxe, estimant que les limites de la liberté d'expression n'ont "pas été dépassées", dans cette publication. 

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