Génie ou escroc ? Un ancien prof de physique jugé pour avoir extorqué 3 millions d'euros à des particuliers

Génie ou escroc ? Un ancien prof de physique jugé pour avoir extorqué 3 millions d'euros à des particuliers
Justice

JUSTICE - Un ancien professeur de physique-chimie de l'université de Lorraine comparaît depuis le jeudi 18 juin devant le tribunal de Nancy pour avoir fait miroiter à plus de 150 investisseurs des gains importants pour une invention qui n'a jamais vu le jour. Il leur a extorqué ainsi près de 3 millions d'euros.

Il prétendait avoir inventé une batterie révolutionnaire qui allait changer la face du monde et ridiculiser le milliardaire Elon Musk, fondateur de SpaceX. Faute d'y être arrivé, un ancien professeur de physique-chimie de l'université de Lorraine, désormais à la retraite, comparait depuis ce jeudi devant le tribunal de Nancy. 

Il faut dire que ce Géo-Trouvetout aurait, entre 2009 et 2013, extorqué près de 3 millions d'euros auprès de particuliers pour financer ce système qui n'a en fait jamais vu le jour. Sur les plus de 150 investisseurs, une cinquantaine se sont constitués parties civiles. Parmi eux, Francis, qui a investi 20.000 € en croyant à une technologie capable de remplacer le nucléaire. "C'était prometteur, c'était écologique, il était en avance ; et puis, on s'est aperçu que c'était un beau parleur", témoigne-t-il au 20h de TF1.

J'y crois parce que j'ai vu une démonstration. Quand vous chargez quelque chose 5 secondes et que ça marche 10 minutes, vous êtes en droit de vous posez des questions- Un soutien du professeur jugé

André-Paul Miller, cet ancien professeur, agrégé de physique à l'université de Nancy a-t-il utilisé sa science pour bluffer son monde ? En tout cas, son train de vie interroge. Au sous-sol d'une maison de maître, il présentait sa batterie miniature et ultra-puissante. Même pendant son procès, certains investisseurs le soutiennent toujours : "J'y crois parce que j'ai vu une démonstration. Quand vous chargez quelque chose 5 secondes et que ça marche 10 minutes, vous êtes en droit de vous posez des questions", soutient ainsi Thierry Choquard.

Au tribunal correctionnel, le scientifique est accusé d'avoir transféré une partie des investissements sur ses comptes personnels, sans démontrer l'avancée de ses travaux. Mais ce dernier s'en défend. "Je veux prouver au monde que ce que j'ai fait est bien. Alors, ce n'est peut-être pas la meilleure technologie, on n'en sait rien aujourd'hui mais je vous garantit qu'elle existe", dit-il.

Des transferts d'argent sur ses comptes personnels

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"On s'en fiche de savoir si la technologie existe. A partir du moment où les fonds des investisseurs sont arrivés sur ses comptes privés, c'est une illégalité manifeste", s'insurge de son coté maître Nicolas Pasina, l'avocat des parties civiles. "La seule et unique invention qu'il ait réussi, c'est la machine à fric", poursuit-il.

Pour le soi-disant inventeur, la procédure judiciaire a injustement stoppé un projet prometteur. Il risque jusqu'à cinq ans de prison et 500.000 euros d'amende.

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