Vol de l'écrin du coeur d'Anne de Bretagne : prison ferme pour les quatre prévenus

Justice
SENTENCE - Le procès des quatre voleurs présumés de l'écrin en or de l'ancienne reine de France, dérobé en avril 2018 dans un musée puis rapidement retrouvé, s'est tenu lundi au tribunal correctionnel de Nantes. Tous ont été condamnés à de la prison ferme assortie à des amendes, en fonction de leur degré d'implication et le passif de leurs casiers judiciaires.

Ils devaient expliquer au tribunal les raisons qui les ont poussés, dans la nuit du 13 au 14 avril 2018, à entrer par effraction au musée Dobrée à Nantes pour y dérober des pièces exposées. Les quatre hommes impliqués dans le vol du reliquaire du cœur d'Anne de Bretagne, dérobé il y a un an avant d'être rapidement retrouvé, ont tous été condamnés ce lundi à de la prison ferme assortie à des amendes, en fonction de leur degré d'implication et le passif de leurs casiers judiciaires. 


Dans le détail, le tribunal correctionnel de Nantes a prononcé des peines de quatre et trois ans pour "vol d'un bien culturel" et "association de malfaiteurs" pour deux d'entre eux ; de 30 mois pour "vol aggravé" pour le troisième, et de 18 mois pour "recel de vol aggravé" pour le dernier. Des peines inférieures aux réquisitions du ministère public, qui avait demandé de trois à cinq ans de prison pour les prévenus, réfutant l'amateurisme supposé de cette équipe, dans laquelle seul l'instigateur a reconnu les faits. 

"Y avait rien de préparé"

Lors de l'audience, le cerveau de l'affaire avait pourtant tenté de plaider la totale improvisation de son larcin réalisé avec des comparses qu'il refuse de dénoncer. "Y avait rien de préparé", "je suis pas un expert", "ça s'est fait à la dernière minute", a répété le jeune homme de 23 ans, barbe soignée et cheveux blonds retenus par un chignon. Cet étudiant en BTS chimie avait découvert ce joyau d'orfèvrerie de 1514 en visitant le musée quelques mois plus tôt pour un devoir d'histoire-géographie, selon ses déclarations. 


"Il a dit qu'il y avait un magot à prendre et qu'il fallait bien travailler le coup", avait pourtant avoué un autre prévenu, dans des déclarations lues à l'audience. Car le récit bancal de l'instigateur du vol, frappé d'amnésie quand il s'agit de préciser certains faits et surtout de reconnaître ses comparses qu'il nomme vaguement "les gitans", a été mis à mal par de nombreux indices concordants.

"L'Arsène Lupin de Saint-Nazaire"

Selon l'enquête c'est bel et bien lui qui a été à l'initiative du vol et qui entre autres,payé la somme de 1.000 euros à un autre prévenu chargé de faire un repérage vidéo à l'intérieur du musée et acheté avec un prête-nom la voiture utilisée le soir des faits. C'est "l'Arsène Lupin de Saint-Nazaire, il s'y est cru... Mais ça n'a pas duré longtemps", a plaidé Denis Lambert, son avocat, rappelant que les faits se sont déroulés sans arme ni violence. La défense a globalement dénoncé une instruction à charge, une interprétation des éléments de téléphonie "à la limite de la malhonnêteté intellectuelle", insistant sur le supposé amateurisme des voleurs présumés et un musée mal sécurisé. 


Le butin, composé du fameux écrin en or de l'ancienne reine de France, mais aussi d'une cinquantaine de pièces précieuses, de dix médailles et d'une statuette hindoue dorée avait été enfoui dans un bois près de Saint-Nazaire, d'où sont originaires tous les prévenus. Les enquêteurs l'avait retrouvé intact quelques jours après le casse. 

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter