Nouvelle garde à vue pour Carlos Ghosn pour "abus de confiance", ses chances de libération s'amenuisent

Justice
JUSTICE - Ce vendredi, Carlos Ghosn a fait l'objet d'un troisième mandat d'arrêt au Japon pour "abus de confiance". L'industriel de 64 ans, arrêté le 19 novembre à Tokyo et déjà inculpé pour avoir omis de déclarer aux autorités boursières 38 millions d'euros de 2010 à 2015, voit ses chances d'être libéré se réduire considérablement.

Carlos Ghosn devrait passer Noël en prison. Ce vendredi, l'industriel né au Brésil a fait l'objet d'un troisième mandat d'arrêt au Japon sur des charges supplémentaires. L'homme de 64 ans est désormais soupçonné d'abus de confiance par la justice japonaise.


Son arrestation le 19 novembre à Tokyo, avait eu l'effet d'une bombe dans les médias et le milieu de l'industrie automobile, alors que sa longue garde à vue avait interpellé à l'étranger, certains pointant du doigt le système judiciaire japonais. Dans un premier temps, tout semblait indiquer que le PDG de l'alliance automobile Renault-Nissan-Mitsubishi Motors allait finir l'année 2018 sous les verrous, avant que le tribunal ne s'oppose à la décision du parquet jeudi.

48 heures d'interrogatoire supplémentaires

La tribunal avait refusé de prolonger la garde à vue du dirigeant et rejeté l'appel des procureurs. Une libération sous caution semblait sur la bonne voie ces dernières heures, l'avocat de Ghosn indiquant que son client était prêt à "restaurer sa réputation". Finalement, le parquet en a décidé autrement et le bureau des procureurs a décidé de l'arrêter de nouveau. Les enquêteurs ont désormais 48 heures supplémentaires pour interroger Carlos Ghosn et sa garde à vue pourrait être étendue si besoin.


Dans un communiqué, le parquet indique que l'homme d'affaires est soupçonné d'avoir "failli à sa fonction de PDG et d'avoir causé un préjudice à Nissan" et lui reproche d'avoir "imputé sur les comptes de la société des pertes d'investissements personnels" causés par la crise financière de 2008. Des accusations que dément le dirigeant, selon la chaîne de télévision publique nippone NHK. Le préjudice s'élèverait à 1,85 milliard de yens, soit environ 14,5 millions d'euros. Il est aussi accusé d'avoir fait transité une somme totale de 14,7 millions de dollars, d'une filiale de Nissan vers un autre compte à son bénéfice, au cours de quatre transactions.

Déjà inculpé le 10 décembre dernier

A l'heure actuelle, le Franco-libano-brésilien a été inculpé le 10 décembre dernier pour avoir omis de déclarer aux autorités boursières environ 5 milliards de yens, soit 38 millions d'euros de revenus sur cinq ans, de 2010 à 2015. Son bras droit Greg Kelly, arrêté en même temps que lui et soupçonné au même titre que Ghosn de minoration d'émoluments entre 2015-2018, à hauteur de 4 milliards de yens (30 millions d'euros), a également été mis en examen.


Au cours des auditions, M. Ghosn aurait reconnu avoir signé des documents mentionnant des paiements qu'il était censé percevoir au moment de quitter Nissan, mais il assure, selon la presse, que ces montants n'étaient pas définitivement établis et n'avaient donc pas à être inclus dans les rapports publics de l'entreprise. M. Kelly ne fait pas, lui, l'objet d'un nouveau mandat d'arrêt et ses avocats ont déposé vendredi une demande de libération sous caution, a indiqué le tribunal de Tokyo.

Nissan poursuit ses propres investigations, dont le champ continue de s'élargir.Communiqué de Nissan ce vendredi.

Les constructeurs japonais Nissan et Mitsubishi Motors ont d'ores et déjà révoqué à l'unanimité Carlos Ghosn de la présidence de leurs conseils d'administration, alors que Renault l'a maintenu jusqu'à présent à son poste, tout en attribuant "à titre provisoire" la direction exécutive à son numéro deux Thierry Bolloré. Nissan, qui a mené une enquête interne des mois durant avant de confier le dossier à la justice, estime que "les preuves sont substantielles et convaincantes". "Nissan poursuit ses propres investigations, dont le champ continue de s'élargir", a-t-il dit vendredi dans une brève déclaration.

Tout savoir sur

Tout savoir sur

Carlos Ghosn : l’ex-patron de Renault rattrapé par les affaires

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter