"On est là pour soutenir Laura et David" : au tribunal, les fans de Johnny Hallyday ont choisi leur camp

REPORTAGE - Une poignée d’admirateurs du rockeur était au tribunal de Nanterre, jeudi 15 mars, où se déroulait la première bataille de la guerre judiciaire autour de l’héritage du chanteur. Bien moins nombreux que la horde de journalistes accrédités qui ont offert un 'joyeux' spectacle aux habituels usagers des lieux.

"Qu’est-ce que c’est ce que ce bordel ?" Lunettes posées sur ses cheveux frisés, elle passe furtivement devant les bancs installés en plein milieu du hall d’entrée pour les nombreux journalistes, en recherche de sa salle d’audience. Quand on lui demande si elle sait ce qu’il se passe, cette avocate qui n’a pas encore enfilé sa robe nous répond, énervée : "Oui, je ne suis pas arriérée quand même. J’écoute la radio. Je voudrais juste savoir par où je peux passer ». En voilà une que l’agitation du jour, inhabituelle dans l’annexe du tribunal de grande instance de Nanterre, ne fait pas rire. C’est là que s’est tenue, ce jeudi, l’audience de référé opposant Laura Smet et David Hallyday à Laeticia Hallyday et d’autres parties, première bataille de la guerre judiciaire autour de l’héritage de Johnny Hallyday.


Pas de quoi impressionner Dominique, qui attend son tour devant la salle B, à quelques pas de la salle E vers laquelle sont tournés tous les objectifs. « Ce qui se passe ? Ça ne me regarde pas. Je les plains. Donc je n’ai pas d’avis », lâche Dominique, le regard plongé dans son smartphone. S’il confesse qu’il "aimait bien le personnage de Johnny", biker comme lui, et qu’il "a twisté sur ses chansons plus jeune", le sexagénaire trouve "déplorable" un tel déballage. "Mais ça donne de la vie au TGI, c’est bien", s’amuse-t-il derrière ses lunettes.

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La réaction de l'avocat de Laeticia Hallyday

Laura Smet, est-ce vous ? Ah non…

Un même sourire sur le visage des avocats, peu habitués à un tel barnum dans cette partie du tribunal habituellement dédiée aux affaires commerciales.  "C’est la première fois que je vois autant de caméras ici. C’est étrange pour nous de voir tout ça", explique l’une d'entre eux qui ne peut s’empêcher de rire en voyant la foule de journalistes courir en meute après ses collègues. Ça pousse, ça crie, les micros montés sur perche s’entrechoquent. Les « Maître, Maître ! » des photographes se mêlent aux « police, police ! » d’un des membres du tribunal, obligé d’appeler les forces de l’ordre en renfort pour contenir le flux de reporters à l’arrivée de Me Ardavan Amir-Aslani, l’avocat de Laeticia Hallyday. 


Comme un seul homme, les caméras se ruent vers une femme aux longs cheveux noirs cachée derrière des lunettes de soleil et escortée par un policier. Les flashs crépitent, de plus en plus nombreux. Beaucoup croient reconnaître Laura Smet. Fausse alerte. Alors tout le monde se montre ses photos en espérant pouvoir identifier l’invitée mystère pendant que les policiers invitent au calme à base de « chuuuut ». Comme à l’école.

Ce n’est pas Johnny ça, c’est tout ce que je dirai Anne-Marie, fan dépitée

La journée à Nanterre est moins sportive pour les cinquante journalistes, sur la centaine accrédités, qui prennent place dans la salle d’audience. La voilà pleine quelques minutes avant l’ouverture de l’audience, à 14h30. Une vingtaine d’avocats aux deux premiers rangs, une vingtaine de badauds seulement aux deux derniers. Et la presse au milieu. Parmi les curieux venus assister à l’audience, une jeune étudiante en droit de 20 ans, emmitouflée dans sa doudoune kaki à la capuche en fourrure. "D’habitude, je viens pour des affaires au pénal. Là, c’est un peu 'd’intérêt public' donc c’est intéressant", explique Monica en soulignant le côté 'people' de l’affaire.


Si Chantal et Anne-Marie, pin's du chanteur sur le coeur, ont fait le déplacement dans les Hauts-de-Seine, c’est pour "leur Johnny". "On est là pour soutenir Laura et David", lancent en chœur ces deux admiratrices de 68 ans, membres du fan club officiel du rockeur. "Ce sont ses enfants de sang", clame Chantal, qui précise immédiatement n’avoir "rien contre les petites", Jade et Joy, les filles adoptives de Johnny et Laeticia Hallyday. Elles racontent avoir été "choquées" d’apprendre que les deux aînés de leur idole ne figuraient pas sur son testament. "Ce n’est pas Johnny ça, c’est tout ce que je dirai", poursuit Anne-Marie.

Je ne voudrais pas m’écorcher la bouche Elizabeth, 62 ans, refuse de prononcer le nom de Laetitia Hallyday

Elles insistent toutes les deux sur le fait que Laura Smet et David Hallyday "sont des artistes" et méritent donc doublement d’avoir un regard sur la gestion des droits artistiques de leur père, y compris de ce 51e album qui fait tant parler. Sont-ils plus légitimes que Laeticia ? "Oui", glissent-elles à demi-mot, ne souhaitant visiblement pas s’étendre sur la veuve du rockeur. Ce n’est pas le cas de leur amie Elizabeth, 62 ans, arrivée après elles avec son badge, sa "grosse colère", sa "rancœur" et son franc-parler. 

"C’est primordial d’être là", affirme-t-elle la voix tremblotante, refusant de prononcer le nom de Laeticia Hallyday : "Je ne voudrais pas m’écorcher la bouche", lâche-t-elle. Alors ce sera "elle". "Elle n’aurait jamais dû faire ça, l’enterrer à Saint-Barth". "Avant Johnny, elle n’était rien. Après lui, elle ne sera rien. Si ce n’est une veuve éplorée. Enfin… éplorée avec un point d’interrogation à la fin". Sera-t-elle là le 30 mars, date à laquelle a été renvoyée l’audience ? "Y a de grandes chances oui !" Et elle ne devrait pas être la seule. Rendez-vous donc dans 15 jours. 

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