L'opération anti-ETA près de Bayonne vire à l'imbroglio

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PAYS BASQUE - Cinq personnes ont été arrêtées vendredi soir à proximité de Bayonne lors d'une opération contre le groupe indépendantiste basque ETA. Des armes et munitions ont été saisies. Si les nationalistes expliquent qu'il voulaient détruire ce stock, le ministère de l'Intérieur leur a répondu qu'ils n'avaient pas à le faire.

"C'est un nouveau coup dur porté à l'ETA". Bruno Leroux s'est félicité de l'interpellation de cinq individus en lien avec le groupe nationaliste. Dans la soirée du vendredi 16 octobre, ils ont été arrêtés dans une maison appartenant à une journaliste, dans le village Louhossoa, près de Bayonne dans les Pyrénées-Atlantiques. Par ailleurs "une importante saisie d'armes, d'explosifs et de munitions" a été réalisée, a précisé le ministère de l'Intérieur. Mais l'opération a tourné à l'imbroglio quand les personnalités arrêtées ont affirmé qu'elles entendaient détruire ces armes.


Contrairement aux premières informations, le président d'honneur de la Ligue des Droits de l'Homme Michel Tubiana ne fait pas partie des personnes arrêtées. En revanche, parmi eux se trouvent le dirigeant du mouvement écologiste Bizi!, Jean-Noël Etcheverry, dit Txetx, Michel Berhocoirigoin, ancien président de la Chambre d'agriculture du Pays Basque, Michel Bergougnian, coopérateur viticole dans l'appellation basque Irouléguy et la journaliste Béatrice Haran-Molle.

Il s'agirait d'un stock que les nationalistes voulaient détruire

Pour réussir cette opération, réalisée sur commission rogatoire du Parquet anti-terroriste à Paris, les autorités françaises ont travaillé conjointement avec leurs collègues espagnols. La Guardia Civil a ainsi assisté les policiers de la Direction générale de la Sécurité intérieure (DGSI), de la Brigade de recherches et d'intervention (BRI) de Bayonne et des policiers de l'unité d'élite du Raid.


Mais dans une lettre adressée au site en ligne Mediabask,  Michel Tubiana, Txetx et Michel Berhocoirigoin expliquent qu'ils avaient décidé "d'enclencher le processus de désarmement de l'organisation armée et procéder à la destruction d'un premier stock d'armes". Ce dernier représenterait "15% de l'arsenal d'ETA".

Personne n'a le droit de se proclamer destructeur d'armes et éventuellement de preuvesBruno Le Roux, ministre de l'Intérieur

Plusieurs mouvements nationalistes ont appelé à manifester samedi à 16h, considérant que les polices françaises et espagnoles "ont empêché la destruction des armes". "Il y a un blocage total du processus de désarmement de l'ETA", a réagi à l'AFP Michel Tubiana, "un blocage qui vient du côté des gouvernements français et espagnol. Plusieurs membres de la société civile ont voulu relancer ce processus, en procédant à une première destruction d'armes", a-t-il expliqué.


Suite à ces déclarations, Bruno Le Roux a réagi en indiquant qu'"en matière de terrorisme, toutes preuves" devaient "pouvoir concourir à la justice". Ainsi "personne n'a le droit de se proclamer destructeur d'armes et éventuellement de preuves", a poursuivi le ministre de l'Intérieur. "Pourquoi détruire des armes si elles ont servi à commettre des faits graves, peut-être même des attentats?", a-t-il pousuivi tout en ajoutant qu'il ne pouvait y en avoir en circulation et qu'elles devaient toutes être saisies.

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