Orléans : un policier visé par une information judiciaire après un tir de LBD sur un lycéen

Justice
VIOLENCE POLICIÈRES - Un fonctionnaire de police d'Orléans est visé par une information judiciaire après avoir tiré en décembre sur un lycéen qui manifestait devant son établissement. Le jeune de 16 ans avait été atteint à la tête et transporté à l'hôpital.

Un policier orléanais est visé par une information judiciaire après avoir tiré le 5 décembre avec un lanceur de balle de défense (LBD) sur un lycéen, le blessant gravement à la tête, a indiqué jeudi 4 avril le procureur de la République d'Orléans. Une information judiciaire a été ouverte mardi 2 avril du chef de blessures involontaires ayant entraîné une interruption totale de travail (ITT) de moins de 3 mois, a déclaré le procureur de la République d'Orléans Nicolas Bessone, confirmant une information de La République du Centre. L'infraction est passible de 1.500 euros d'amende.

L'enquête de l'Inspection générale de la police nationale (IGPN), ordonnée par le procureur, avait conclu fin mars à un usage "légitime et proportionné" du LBD, face à un attroupement de manifestants. Le policier n'a fait l'objet d'aucune mesure administrative et, en l'état des investigations, il ne lui est pas reproché un usage abusif de cette arme.


Mais le juge d'instruction devra "déterminer si une faute peut être caractérisée concernant l'exécution du tir et les conditions dans lesquelles il a été réalisé", a précisé le procureur de la République. Distance de tir, zone visée, respect du protocole seront ainsi évalués par les enquêteurs.  

13.000 tirs depuis le début du mouvement

Oumar, lycéen de 16 ans, manifestait avec 150 élèves devant le lycée Jacques Monod, à Saint-Jean-de-Braye, près d'Orléans, pour contre la réforme du lycée et la plateforme Parcoursup. Le soir même, le procureur avait expliqué que les policiers étaient venus disperser les manifestants après des feux de poubelles. Ils avaient d'abord fait usage de grenades lacrymogènes, avant qu'un policier ne tire au LBD.  Touché en plein front, le lycéen était tombé à la renverse, inanimé, avant d'être conduit à l'hôpital. Souffrant d'un enfoncement de l'os du front, l'adolescent a subi plusieurs interventions chirurgicales. Il n'a repris normalement les cours au lycée que depuis quelques jours. Ses parents, qui ont été entendus par l'IGPN, ont porté plainte.


Plusieurs associations tentent depuis des mois de faire interdire le LBD 40, utilisé plus de 13.000 fois depuis le début du mouvement des "gilets jaunes" mi-novembre. Lors des manifestations,  plus de 2.200 blessés ont été recensés parmi les manifestants, selon le ministère de l'Intérieur. La direction générale de police avait elle-même délivré une note interne pour encadrer son usage. Il y a un mois, le secrétaire d'État à l'Intérieur, Laurent Nuñez avait reconnu que 83 enquêtes étaient en cours à propos de tirs avec cette arme controversée. Mais le bras droit de Christophe Castaner à Beauvau, tout comme ce dernier, ont régulièrement tenu à légitimer l'usage de cette arme.

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