Paris : l'auteur du tag "L'amour court les rues" accusé de viol et agression sexuelle

Paris : l'auteur du tag "L'amour court les rues" accusé de viol et agression sexuelle
Justice

JUSTICE - Wilfrid A. street artiste quinquagénaire auteur du tag "L'amour court les rues", est accusé par près de 30 femmes, dont des mineures, de viol ou d'agression sexuelle. Le parquet a ouvert une enquête fin juin.

Quatre mots qui recouvrent les murs, les sols, et le mobilier urbain de la capitale depuis des années maintenant. Quatre mots qui se voudraient romantiques mais qui ont pris en ce mois de juillet 2020 un tout autre sens. Mercredi en effet, le  parquet de Paris a confirmé avoir ouvert le 26 juin dernier une enquête pour "viol" et "agression sexuelle" après les plaintes de près de trente femmes visant un street artiste parisien, Wilfrid A. auteur du désormais très célèbre tag "L'amour court les rues".  

Cette enquête, révélée par le magazine Neon, a été  confiée au 2e district de police judiciaire (2e DPJ). 

Des mineures parmi celles qui accusent le street artiste

Le 22 juin, le magazine publiait une enquête sur des accusations de violences sexuelles visant cet artiste parisien, connu pour son tag "L'amour court les rues" figurant dans de nombreux endroits de Paris. "Avec l’aide de ses deux casquettes, celle du street artist et celle du photographe, Wilfrid A. se livrerait à une traque inlassable, qu’on pourrait qualifier de frénétique, aux très jeunes femmes, et ce depuis au moins une décennie", pouvait-on lire dans le magazine.

Plusieurs femmes interrogées par le magazine décrivent des faits de viol ou d'agressions sexuelles. Dans ce premier article, aucune plainte n'est recensée venant des femmes ayant témoigné, mais une plainte est finalement annoncée le 30 juin par Pauline Grand d'Esnon, journaliste autrice de l'enquête, sur Twitter.

Mardi 7 juillet, 25 femmes, âgées de 19 à 49 ans, ont mis en cause Wilfrid A. dans une nouvelle plainte. Douze l'accusent de "viol", treize d'"agression sexuelle", certaines étant mineures au moment des faits supposés, selon cette plainte déposée par Me Valentine Rebérioux et Me Louise Bouchain. Cette plainte a été jointe à l'enquête préliminaire déjà ouverte contre Wilfrid A., selon le parquet de Paris.

Ces 25 femmes racontent un même "stratagème" de la part de Wilfrid A., qualifié de "prédateur sexuel" jouant de sa "notoriété" pour "agresser ses victimes".

Dans le quartier de Montmartre

Wilfrid A. "aborde les jeunes femmes dans la rue", souvent dans le quartier Montmartre dans lequel il réside, et les "complimente" puis "leur propose généralement de devenir ses modèles photo ou encore les égéries de sa marque".

Arrivées à son domicile, les jeunes femmes, selon le texte de cette plainte, se voient souvent proposer drogue ou alcool. Wilfrid A. changerait alors d'attitude, devenant violent ou agressif, et aurait imposé à certaines des pénétrations sexuelles, aurait commis sur d'autres des agressions sexuelles. Certaines l'accusent également de les avoir droguées.

Contacté par l'AFP, Me Joseph Cohen-Sabban, avocat de Wilfrid A., a répondu qu'"une enquête ne commence pas dans un magazine mais dans un service de police. On ne répond pas à des rumeurs, mais à des faits." "Mon client est prêt à s'expliquer devant les enquêteurs", a-t-il aussi dit, évoquant sa "crainte d'être lynché" après avoir été la cible de nombreuses "menaces". Le street artist a d'ailleurs depuis la médiatisation des faits mis tous ses profils en mode "privé".

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