Paris : soupçonné de harcèlement sur 69 étudiantes, un prof viré de l'université d'Assas

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ENSEIGNEMENT - Un enseignant de la faculté de droit d'Assas à Paris a été renvoyé fin mars 2019. Ce professeur est accusé par 69 élèves au moins, de sexe féminin exclusivement, de harcèlement. Ce phénomène n'est malheureusement pas unique.

Une attitude déplacée, des messages insistants, un comportement inadapté... Ce vendredi, jour des vacances de Pâques pour la zone C qui inclut Paris, Le Parisien révèle qu'un enseignant de la célèbre faculté de droit d'Assas a été mis à la porte à la fin du mois de mars suite à des faits qui lui sont reprochés par près de 70 étudiantes étudiantes. 


Selon nos confrères, ce professeur, chargé de TD, et baptisé Monsieur B., aurait été mis à la porte par la direction le 26 mars après trois dans de service dans cette université. Ce qui lui est reproché ? "Avoir cherché à séduire, avec force messages et comportements insistants, plusieurs dizaines d’étudiantes de première et deuxième années de licence", rapportent nos confrères

Des femmes âgées de 18 à 20 ans

Ainsi, il y a quelques semaines, ces jeunes femmes âgées de 18 à 20 ans et qui ont décroché leur bac il y a un ou deux ans auraient remonté certains incident à l'administration, preuves écrites en mains. "Le 10 avril, un signalement des faits a été déposé auprès du parquet de Paris", atteste auprès du quotidien, Manuel Miler de Azevedo, directeur adjoint chargé des études et de la vie universitaire à Paris II, à la tête d’une "cellule de lutte contre les violences sexistes et sexuelles", créée à la rentrée.


Le professeur aurait sévi à la fac mais aussi sur les réseaux sociaux, notamment Instagram, sur lequel Monsieur B. contactait les jeunes femmes. Le Parisien rapporte certains des messages envoyés : "Je te trouve plutôt très mignonne", "Fais gaffe, je suis assez sensible aux filles mignonnes comme toi", "Es-tu dispo par hasard ce soir ?", "Tu préfères un verre ?"… 


L'enseignant aurait également, selon certaines de ses accusatrices, "rodé" autour d'elles pendant les examens notamment.  "Une pression en plus", pour les jeunes femmes... "Depuis que l’affaire s’est ébruitée, une suspicion s’est mise à flotter dans les amphis, à propos du bien-fondé des moyennes obtenues par les jeunes femmes réputées proches du chargé de TD", précisent nos confrères. 

"Pas de commentaire"

Après l'éviction de Monsieur B. le 26 mars, Plusieurs professeurs en licence ont dénoncé les faits au début de leurs cours à la faculté d'Assas. "La culpabilité n’a pas à être du côté des étudiantes, pour elles, c’est la double peine de se sentir honteuses", confie une professeure au Parisien sous couvert d'anonymat, s'interrogeant dans le même temps sur la durée potentielle des agissements de ce prof en poste à Assas depuis 3 ans. 


Joint ce vendredi par Le Parisien, Monsieur B. aurait indiqué avoir en sa possession "tous les éléments" pour "prouver [son] innocence". La présidence de l'université, contactée par LCI ce vendredi midi, a fait savoir qu'il n'y aurait "pas de commentaire" sur cette affaire. Nos confrères avaient obtenu la même réponse. 

Pas un cas unique

Cette affaire de harcèlement à la fac n'est pas une première malheureusement. Le 13 décembre 2018, Mediapart indiquait qu'une enquête avait été ouverte à l’université Paris-Diderot. Celle-ci visait un de ses principaux dirigeants, le psychanalyste Fethi Benslama, accusé par plusieurs femmes de comportements inappropriés, parfois qualifiés de harcèlement sexuel. "D’autres collègues lui reprochent un comportement autoritaire. La justice est saisie", précisait Mediapart.


Plus récemment, le 12 avril 2019, Streetpress publiait un article intitulé "Sur Twitter, des avocats profs de droit auraient harcelé des étudiantes". Le site revenait sur des faits qui auraient été commis au sein de l'Université de Nanterre. Deux professeurs, avocats. "Ils auraient harcelé des étudiantes et usé de leur position pour les draguer très lourdement", pouvait-on lire dans l'article. "Alertée sur l’un des cas, la fac de Nanterre ne fait rien".  Des étudiants avait également pointé du doigt, sur le réseau social, l'inaction de la direction de l'université. 


Visée, la faculté a finalement répondu, toujours par la même voie, ce jeudi, rappelant que les faits relatés dans l'article de Streetpress dataient d'il y a 3 ans. 

L'université rappelle également dans son post que "des actions de sensibilisation spécifiques ont été lancées et 2018 et 2019" et qu'elles "seront poursuivies". Une cellule d'écoute a notamment été mise en place. "Le mise en place d'une telle cellule est nécessaire", insiste une porte-parole du syndicat Solidaires Etudiants Nanterre contactée par LCI ce vendredi. "Car si les faits relatés par Streetpress datent effectivement d'il y a trois ans, ce professeur exerce toujours aujourd'hui. Pas à Nanterre, certes, mais dans une autre faculté, en province. Par ailleurs, au sein de la faculté de Nanterre, nous avons eu depuis ces faits il y a deux ans d'autres signalements, concernant d'autres professeurs. Le sujet est toujours d'actualité." 

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