Patiente décédée à Lariboisière : l'enquête interne révèle "une série de dysfonctionnements", la famille porte plainte

Justice

PARIS - Près d'un mois après le décès d'une patiente de 55 ans, 12 heures après son admission aux urgences de l'hôpital Lariboisière, le rapport commandé par l'AP-HP et l'agence régionale de santé d'Île-de-France a été rendu public, lundi 14 janvier. L'enquête conclut à des dysfonctionnements et à un manque de moyens.

Surveillance défaillante, salle d'attente surchargée, sous-effectif... La mort sur un brancard d'une patiente de 55 ans, le 17 décembre dernier, 12 heures après son admission aux urgences de l'hôpital parisien Lariboisière, soulève une "série de dysfonctionnements" dans sa prise en charge, confirme l'enquête interne rendue publique ce lundi 14 janvier.

Le rapport commandé par l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) et l'Agence régionale de santé (ARS) d'Île-de-France ne précise pas les causes du décès de la quinquagénaire, qui relèvent de l'enquête judiciaire lancée parallèlement par le parquet de Paris. La famille de la victime a déposé plainte ce lundi pour "homicide involontaire" et "non-assistance à personne en danger", a indiqué à l'AFP l'avocat Eddy Arneton, constatant que l'AP-HP "ne reconnaît pas de défaillance". L'enquête interne révèle pourtant des manquements aux procédures en vigueur dans le service d'urgences le plus fréquenté de l'AP-HP.

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"Je n'étais pas au courant de ces conclusions. C'est la famille qui vit à Paris qui est en contact avec l'hôpital", a expliqué au Parisien Rose-Marie, la soeur de la patiente décédée, qui habite en Martinique. "Quand on vient aux urgences, c’est pour être soigné ! C'est bien qu'ils reconnaissent leur faute", a-t-elle ajouté, alors que les raisons de la mort restent inconnues à ce jour.  "Ça fait mal ! Ma sœur était en bonne santé, toujours souriante, avec la joie de vivre. On ne nous dit rien."

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"Une surcharge de l'activité de garde"

Admise pour des maux de tête, la patiente, qui "n'aurait pas pu être reçue" dans un centre médico-social, est déposée aux urgences par les pompiers à 18h40, le 17 décembre. Elle est ensuite orientée dans "le circuit court", destiné aux malades qui doivent être vus rapidement par un médecin. Elle passera finalement 12 heures sur un brancard sans en voir aucun. Après avoir été vue par une infirmière, à 19h puis avant 21h, aucune réévaluation de son état n'est effectuée jusqu'à minuit, heure à laquelle elle est appelée pour la première fois, plus de cinq heures après son inscription, afin d'être examinée.

Appelée à quatre reprises au total, dont deux fois dans la salle d'attente "surchargée", la patiente ne répond pas, peut-être en raison du nom erroné sous lequel elle a été enregistrée. Elle est alors considérée comme sortie, "sans vérification des bracelets des malades en attente". "Ces écarts aux bonnes pratiques ont eu lieu dans un contexte où l'activité", avec 249 passages, "était supérieure à la moyenne", de 230 passages par jour environ, note l'AP-HP dans son rapport. Les équipes soignantes étaient au complet ce soir-là mais l'absence d'un médecin en journée a entraîné "une surcharge sur l'activité de garde".

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