Pédophilie dans l'Eglise à Lyon : le cardinal Barbarin assure n'avoir "jamais cherché à cacher ces faits horribles"

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JUSTICE - Le cardinal Philippe Barbarin est jugé depuis ce lundi avec cinq autres personnes pour non-dénonciation d'agressions sexuelles. "Je n'ai pas toujours su employer les mots les meilleurs et les plus adroits dans le passé", a reconnu l'archevêque de Lyon.

"Je n'ai jamais cherché à cacher, encore moins à couvrir ces faits horribles". Philippe Barbarin, accusé d'avoir caché à la justice le passé pédophile d'un prêtre, a nié les faits qui lui sont reprochés ce lundi au premier jour de son procès à Lyon, où il est jugé jusqu'à mercredi. Le cardinal l'a assuré : il n'avait pas été informé des agissements du père Preynat lors de sa prise de fonctions, en 2002.


"Je n'ai pas toujours su employer les mots les meilleurs et les plus adroits dans le passé", a reconnu l'archevêque dans une déclaration lue à la barre, avant de répondre aux questions du tribunal. Le primat des Gaules comparaît jusqu'à mercredi avec cinq anciens membres du diocèse de Lyon pour ne pas avoir dénoncé à la justice des abus sexuels commis sur de jeunes scouts de la région par un prêtre, le père Bernard Preynat, entre 1986 et 1991. En 2016, le parquet avait classé l'affaire sans suite mais les plaignants ont depuis lancé une procédure de citation directe des prévenus devant le tribunal.

Mgr Barbarin avait eu connaissance d'anciens faits d'agressions sexuelles durant les années 2000, ce qui l'avait conduit à rencontrer le père Preynat en 2010. Le prêtre lui jura alors n'avoir jamais recommencé depuis. "Tout le monde me reproche de l'avoir cru", a déclaré Mgr Barbarin à la barre. "De fait, on n'a pas trouvé de fait incriminable après", a ajouté celui qui est aussi poursuivi pour "omission de porter secours". 

"Une chasse à l'homme"

Les plaignants lui reprochent d'avoir maintenu le père Preynat au contact d'enfants jusqu'en 2015, date à laquelle un ancien scout porta plainte contre le prêtre. Puis contre le cardinal en 2016. "Franchement, je ne vois pas de quoi je suis coupable", a assuré le cardinal à la présidente, laquelle lui demandait s'il envisageait de plaider la relaxe.


L'ex-directeur de cabinet du cardinal, Pierre Durieux, lui aussi jugé pour non-dénonciation d'agressions sexuelles, a pour sa part évoqué une "chasse à l'homme" envers le prélat dans un texte lu à la barre. En 2014, alors qu'il était directeur de cabinet de Mgr Barbarin, il avait reçu un mail d'un de ces scouts évoquant les agressions dont il avait été victime - prescrites sur un plan judiciaire. "M. Hezez, je vous le dis en face, votre mail m'a particulièrement touché car votre histoire aurait pu être la mienne", a insisté Pierre Durieux en s'adressant à l'ex-scout Alexandre Hezez, qui fait partie des neuf plaignants aujourd'hui devant le tribunal correctionnel de Lyon.Pierre Durieux avait transmis ce courrier électronique au cardinal avant de répondre lui-même à l'ancien scout qui, après avoir rencontré l'archevêque en novembre 2014, avait fini par porter plainte contre le père Preynat en juin 2015, puis contre l'archevêque en février 2016.

Depuis que l'affaire a éclaté il y a trois ans, l'archevêque de Lyon avait déjà nié les faits qui lui sont reprochés, en reconnaissant des erreurs d'appréciation et en demandant pardon aux victimes des prêtres pédophiles. Mais en 2016 à Lourdes lors d'une assemblée des évêques, il avait eu des mots qui avaient provoqué la polémique en déclarant que "Grâce à Dieu, la majorité des faits" d'abus sexuels étaient "prescrits".

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