Perpétuité requise contre Abdelkader Merah à son procès en appel

Justice
DJIHAD - L'accusation a requis mardi en appel la réclusion criminelle à perpétuité contre Abdelkader Merah, estimant qu'il était "complice" des sept assassinats perpétrés par son frère Mohamed en mars 2012 à Toulouse et Montauban.

Le procès en appel d'Abdelkader Merah, le frère de Mohamed Merah, approche de son terme. Pour l'accusation, le frère du tueur de Toulouse et Montauban est "complice" de ses sept assassinats perpétrés en mars 2012. Mardi, le ministère public a requis la réclusion criminelle à perpétuité contre Abdelkader Merah, estimant notamment que celui-ci est "un mentor et un virtuose de la dissimulation".

En première instance, le frère du djihadiste toulousain avait été condamné à 20 ans de réclusion pour association de malfaiteurs terroriste, mais avait été acquitté du chef de "complicité", la cour ayant estimé qu'aucun élément ne montrait qu'il "connaissait les objectifs visés et les crimes commis par son frère". Ce dernier a assassiné trois militaires, trois enfants et un enseignant juifs à Toulouse et Montauban, entre le 11 et le 19 mars 2012, avant d'être abattu le 22 mars dans son appartement par le Raid.

Pourquoi l'accusation considère qu'Abdelkader est complice

Abdelkader Merah, 36 ans, est accusé d'avoir "sciemment" facilité "la préparation" des crimes de son frère en l'aidant à dérober un scooter et à acheter un blouson qui ont été utilisés lors des faits. Il est également accusé d'avoir participé "à un groupement criminel affilié à Al-Qaida prônant un islamisme djihadiste (...) en appliquant à lui-même et à son frère Mohamed les recommandations de cette organisation dont il possédait les enseignements et les conseils opérationnels".


Lors de leur réquisitoire à deux voix, les avocats généraux Rémi Crosson du Cormier et Frédéric Bernardo ont demandé à la cour d'assortir la condamnation d'Abdelkader Merah d'une peine de sûreté de 22 ans. Ils ont également réclamé "entre 15 et 20 ans de réclusion criminelle" à l'encontre du deuxième accusé, Fettah Malki, un "délinquant multicarte" de 36 ans, condamné en première instance à 14 ans de prison pour avoir fourni à Mohamed Merah un gilet pare-balles et un pistolet-mitrailleur, en ayant connaissance de sa radicalisation. Les avocats généraux ont par ailleurs demandé l'inscription des deux condamnations au Fijait (Fichier judiciaire national automatisé des auteurs d'infractions terroristes).


"Le nom de Merah doit être associé à une sanction ferme car ce nom est brandi encore aujourd'hui comme une fierté par des candidats au djihad", a lancé Frédéric Bernardo. L'accusation a décrit dans son réquisitoire le "parcours identique" de deux frères, "deux jeunes de la cité qui ont évolué dans une famille disloquée, ont le goût de la violence... et se radicalisent en prison". L'un, Mohamed, "impulsif, agressif, prêt à l'action" ; l'autre, Abdelkader, "plus raisonné", qui "se voit en intellectuel" et sera "le mentor" qui armera le bras du tueur, selon l'accusation.

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