Jérôme Cahuzac : en Corse, l'ancien ministre tente de retrouver une vie normale

Justice
JUSTICE - Jérôme Cahuzac a échappé ce mercredi à la prison, bénéficiant d'un aménagement de sa peine sous forme de bracelet électronique. Il espère désormais pouvoir exercer une activité de médecin en Corse, où il vit depuis quelques mois.

Jérôme Cahuzac échappe à la prison. L'ancien ministre socialiste, condamné pour fraude fiscale en mai 2018 à quatre ans de prison dont deux avec sursis, a appris ce mercredi qu'il allait bénéficier d'un aménagement de sa peine sous forme de bracelet électronique. Un soulagement pour celui qui vit désormais en Corse. Et où il souhaiterait exercer la profession de médecin.


C'est en effet à Pianotolli-Caldarello, une commune de près d'un millier d'habitants située à quelques kilomètres de Figari en Corse-du-Sud, que Jérôme Cahuzac a posé ses valises. Tout sauf un hasard : c'est là que vit sa mère, dans leur maison familiale. C'est en effet dans ce village discret d'un peu moins de 1000 habitants que le chirurgien esthétique de 66 ans peut aller et venir en tout tranquillité, après avoir effectué en juillet 2018 une mission humanitaire d'un mois en Guyane dans un centre de santé. "Ici, personne ne le vilipende et ne porte atteinte à la quiétude qu'il recherche, a détaillé au Point Jérôme Polverini, le maire. Au village, c'est un personnage sans histoire." Pour autant, l'ex-ministre trouverait le temps long : s'il pratique de temps en temps la plongée ou la course, Jérôme Cahuzac "vit mal, vit avec son chien, ses livres et ses réflexions. C'est un ermite", assurait un proche à RTL.

"Accepter l'idée d'une rédemption"

C'est pourquoi la décision de justice de ce mercredi tombe à pic pour l'ancien ministre. Avec la pose d'un bracelet, Jérôme Cahuzac espère mener à bien un projet né il y a quelques mois : l'ancien chirurgien avait sollicité une autorisation de s'installer en Corse en tant que médecin généraliste. En effet, il s'était vu proposer par l'hôpital de Bonifacio un "poste de clinicien hospitalier contractuel à mi-temps", comme l'avait révélé le juge de l'application des peines en février dernier. 


Or à ce jour, cette requête était restée lettre morte. Le conseil national de l'Ordre des médecins avait en effet demandé de l'auditionner pour juger de son aptitude à exercer comme médecin généraliste. Une aptitude défendue par le principal intéressé : Jérôme Cahuzac avait démarré sa carrière comme chirurgien cardiaque, avant de se lancer avec succès dans les années 1990 dans les implants capillaires et comme consultant de laboratoires pharmaceutiques.


Pour le président indépendantiste de l'Assemblée de Corse, Jean-Guy Talamoni, l'installation durable de l'ancien député du Lot-et-Garonne serait une bonne chose. "Il serait préférable d'accepter l'idée d'une rédemption et l'installation d'un médecin généraliste en milieu rural, ce qui n'est pas trop fréquent, singulièrement en Corse", a écrit le 20 mars sur son compte Twitter l'élu.

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