Plainte de Patrick Buisson : Christiane Taubira placée sous le statut de témoin assisté

Plainte de Patrick Buisson : Christiane Taubira placée sous le statut de témoin assisté
Justice

JUSTICE - L'ancienne ministre de la Justice Christiane Taubira a annoncé mercredi avoir été placée sous le statut de témoin assisté dans l'enquête sur la plainte déposée à son encontre par Patrick Buisson, ex-conseiller de Nicolas Sarkozy, dans le cadre de l'affaire des sondages de l'Elysée.

C’est par un communiqué que l’ancienne garde des Sceaux a fait son annonce. Christiane Taubira a déclaré ce mercredi qu’elle avait été placée sous le statut de témoin assisté dans l’enquête sur la plainte déposée par l’ex-conseiller de Nicolas Sarkozy, Patrick Buisson, à son encontre en février 2013.

Le journaliste et politologue avait porté plainte pour "prise illégale d'intérêt" contre l'ex-ministre de la Justice (2012-2016) qu'il accusait d'avoir été juge et partie dans l'enquête sur les sondages commandés par l'Elysée pendant le quinquennat Sarkozy. 

J'aurai désormais accès au dossier- Christiane Taubira

Dans sa plainte, l’ex-conseiller de Nicolas Sarkozy dénonçait le fait que Christiane Taubira ait appartenu au comité de parrainage d'Anticor, alors même que cette association de lutte contre la corruption était à l'origine de l'enquête sur les sondages de l’Elysée par une plainte déposée en 2010. A l'époque de cette plainte, Christiane Taubira n'était pas ministre.

"Je suis mise en cause par Patrick Buisson parce que lui est mis en cause dans une affaire présumée de favoritisme et de détournement de fonds publics", a relevé mercredi l'ex-garde des Sceaux dans sa déclaration transmise à l’AFP à l'issue de son audition dans le bureau de la juge d'instruction. Sous ce statut de témoin assisté, intermédiaire entre celui de témoin et celui de mis en examen, "j'aurai désormais accès au dossier", précise Christiane Taubira. "Cela me permettra de voir les fantaisies qu'il contient", ajoute-t-elle.

Buisson mis en examen pour recel de favoritisme et détournement de fonds publics

Selon Patrick Buisson, l'ancienne ministre a violé, lorsqu'elle était encore en fonction, les règles de séparation des pouvoirs et a nécessairement eu une influence sur les magistrats instruisant l'affaire. Il attaquait spécifiquement un communiqué dans lequel elle s'était, le 13 novembre 2012, justifiée de son lien avec Anticor. Elle avait estimé que les accusations de Patrick Buisson résonnaient "pathétiquement comme un couic de déroute".

L'ancien conseiller est mis en examen dans l'enquête sur les sondages de l'Elysée pour recel de favoritisme et détournement de fonds publics. Il avait signé avec la présidence de la République une convention lui confiant une mission de conseil, rémunérée 10.000 euros par mois, et octroyant à sa société Publifact "l'exécution de sondages" à sa liberté d'appréciation et avec les instituts de son choix.

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