Plus de 800 ex salariés de l’usine Goodyear devant les prud’hommes d’Amiens

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LICENCIEMENTS - Plus de 800 ex-salariés de l'usine Goodyear d'Amiens-Nord passent devant les prud'hommes ce jeudi. Ils estiment que leur licenciement n'a pas de cause économique sérieuse.

832 salariés devant les prud'hommes. Et une salle de spectacle transformée en salle d'audience. Avec un nombre hors norme de plaignants, le conseil d’Amiens a décidé d'organiser le procès au Zénith de la ville ce jeudi 4 octobre. Car, quatre ans après la fermeture de l’usine Goodyear d’Amiens-Nord, ses anciens salariés passent devant la justice. Ils contestent leur licenciement pour motif économique et réclament une indemnisation. 

En janvier 2014, la direction avait ainsi annoncé la fermeture de cette usine. Une décision mettant en péril 1143 emplois dans un ancien bastion ouvrier déjà fortement impacté par la désindustrialisation de la France. Alors, le jour où l'entreprise de pneumatiques ferme ses portes, ses salariés se font la promesse qu'ils iront "au bout du processus" comme l'explique Mickaël Wamen à l'AFP. Ex-leader de la CGT de l'usine, il est devenu une figure de la contestation. Et fait partie des sept employés à avoir séquestré les directeurs des ressources humaines et de la production pendant une trentaine d’heures. Une action pour laquelle ces anciens ouvriers ont été condamnés  à 12 mois de prison avec sursis

Le véritable employeur n'était pas la société françaiseMaître Fiodor Rilov

Mais aujourd’hui, ces salariés reviennent devant la justice, cette fois-ci en tant que plaignants parce qu'ils estiment que leur licenciement n’a pas de cause économique sérieuse. "C'est inadmissible qu'un groupe qui fait près de 2,7 milliards d'euros de profit net après impôt, après avoir payé les actionnaires, vienne dire on se doit de fermer l'usine car ça met en péril notre compétitivité", ajoute ainsi l'ancien leader de la CGT. 

Pour avoir gain de cause, il faudra notamment compter sur l’avocat des salariés, Me Fiodor Rilov, symbole de la lutte contre les grandes multinationales. Il a expliqué à l'AFP vouloir prouver que "le véritable employeur n'était pas la société française", mais sa maison-mère luxembourgeoise qui "au final vendait les pneus et concentrait les bénéfices". Ce qui rendrait les licenciements illégaux. 


Les plaidoiries, qui ont débuté dans la matinée, prendront fin vers 19H. La décision de justice quant à elle devrait être connue au premier trimestre 2019.

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