Sarkozy, Kohler, Houlette... ces affaires qui plombent le Parquet national financier

Sarkozy, Kohler, Houlette... ces affaires qui plombent le Parquet national financier
Justice

DANS LA TOURMENTE - La garde des Sceaux a annoncé ce mercredi avoir diligenté une inspection sur l'enquête du parquet national financier (PNF) concernant Nicolas Sarkozy et son avocat Thierry Herzog. Les deux hommes sont au cœur de l'une des trois affaires qui, ces jours-ci, placent le PNF sous le feu des controverses.

Le Parquet national financier dans la tourmente. Le PNF, petite mais puissante institution de 18 magistrats installée en 2014 dans le sillage du scandale Cahuzac, fait l'objet de vives critiques ces derniers jours. En cause : trois affaires qui, mises bout à bout, remettent en cause l'existence même de cette arme incontournable pour lutter contre la fraude.

L'affaire Eliane Houlette

La polémique a débuté il y a deux semaines quand Eliane Houlette, première à avoir dirigé le PNF jusqu'à son départ en juin 2019, a affirmé avoir subi des "pressions" procédurales. Des "pressions" émanant de sa hiérarchie dans la conduite de l'affaire Fillon.  Eliane Houlette a notamment évoqué "des demandes de transmission rapide" sur les actes d'investigation ou les auditions et a révélé avoir été convoquée par le parquet général qui plaidait pour que l'enquête soit confiée à un juge d'instruction. 

"On ne peut que se poser des questions, c'est un contrôle très étroit et c'est une pression très lourde", a-t-elle dit le 10 juin par la commission d'enquête parlementaire sur l'indépendance de la justice. Ces déclarations ont été interprétées par le camp de l'ex-candidat à la présidentielle comme l'aveu de pressions politiques pour faire tomber leur champion.

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L'affaire Alexis Kohler

Le PNF a également été accusé d'indulgence après qu'une enquête pour conflit d'intérêts visant Alexis Kohler. Ce dernier, ancien directeur de cabinet du ministre de l'Économie Emmanuel Macron - et aujourd'hui secrétaire général de l'Élysée - avait été soupçonné d'avoir dissimulé, lorsqu'il était à Bercy, les liens professionnels et familiaux qui le liaient avec l'armateur italo-suisse MSC.  Le Parquet national financier avait alors ouvert une enquête en juin 2018 pour prise illégale d'intérêts, classée sans suite en août 2019.

Or, Mediapart a indiqué la semaine dernière qu'Emmanuel Macron avait à l'époque adressé aux enquêteurs une note dans laquelle il assure que son collaborateur n'est jamais intervenu dans des dossiers liés à MSC du temps de leur passage au ministère de l'Économie. Emmanuel Macron "considère que ne pas verser ce document aurait été priver (Alexis Kohler) d'un exercice normal et légitime de ses droits de la défense", a expliqué la porte-parole du gouvernement ces jours-ci.

L'affaire Nicolas Sarkozy

La troisième affaire concerne, elle, l'ancien président de la République, Nicolas Sarkozy. En février 2014, le PNF a demandé d'éplucher les factures téléphoniques détaillées ("fadettes") d'une dizaine de ténors du barreau et de magistrats afin de trouver la "taupe" qui aurait pu informer Nicolas Sarkozy et son avocat Thierry Herzog qu'ils étaient sur écoute dans une affaire de corruption. 

Il a fallu presque six ans pour que cette procédure, sans résultat, soit classée sans suite fin 2019. La révélation par Le Point de l'ampleur de ces écoutes a suscité un vif émoi chez les avocats, poussant la ministre de la Justice à demander un rapport à la procureure générale de Paris, l'autorité de tutelle du PNF qui était dirigé par Eliane Houlette au moment où cette enquête a été ouverte.

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