Poitiers : un détenu libéré d'office faute d'escorte devant le juge

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Un multirécidiviste, soupçonné d'avoir donné un coup de couteau à un homme en Vendée, a été remis en liberté mardi 6 septembre, faute d'escorte vers le tribunal.

L'administration pénitentiaire n'a pas pu assurer son transfert au tribunal de Poitiers pour qu'il puisse s'exprimer de vive voix, comme le prévoit la loi. Mardi matin, ce jeune homme de 25 ans, placé en détention provisoire à la prison de Fontenay-le-Comte (Vendée) a donc été remis en liberté par les magistrats, sans aucune mesure de contrôle judiciaire.


Le Vendéen, qui a déjà neuf mentions à son casier judiciaire, est soupçonné d'avoir donné un coup de couteau dans le dos à un homme, à Challans (Vendée), le 13 août. Malgré sa libération, il reste mis en examen pour coups et blessures volontaires avec arme.


Une situation de plus en plus fréquente

"Nous sommes bien conscients du risque de mise en liberté mais nous n'avons pas la possibilité de programmer cette extraction", indique l'Autorité de régulation et de programmation des extractions judiciaires (Arpej) de Rennes dans un mail lu à l'audience, mardi.


Les gendarmes de Vendée, eux, n'ont pas souhaité "pallier les carences de l'Arpej" malgré les réquisitions du procureur général.


"C'est une situation de plus en plus fréquente qui donne un surcroît de travail aux greffes et au parquet général", a déploré le président de la chambre, Pierre-Louis Jacob. L'avocat général Jean-Paul Garraud a pour sa part estimé que "la réforme mise en place ne fonctionne pas", en référence au processus engagé depuis 2011, et qui voit progressivement, par régions, le transfèrement des détenus passer des gendarmes ou policiers à l'administration pénitentiaire.


Les syndicats pénitentiaires dénoncent régulièrement les sous-effectifs pour mener à bien cette tâche tandis que les parquets se plaignent de "libérations intempestives" de plus en plus fréquentes. 


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