Policiers brûlés à Viry-Châtillon : le parquet fait appel après les huit condamnations et cinq acquittements

Policiers brûlés à Viry-Châtillon : le parquet fait appel après les huit condamnations et cinq acquittements
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Policiers brûlés à Viry-Châtillon

PROCÈS - Le parquet général de Paris a annoncé ce mardi avoir fait appel fait appel après les huit condamnations et cinq acquittements prononcés vendredi 6 décembre dans le cadre de l'affaire dite des "policiers brûlés à Viry-Châtillon" (Essonne). Un nouveau procès se tiendra donc pour les treize accusés aujourd'hui âgés de 19 à 24 ans.

La décision avait du mal à passer pour certains et, quatre jours après que le verdict est tombé, le parquet général de Paris  vient d'annoncer avoir fait  appel des huit condamnations et cinq acquittements prononcés le 6 décembre. 

Vendredi 6 décembre, la cour d'assises des mineurs de l'Essonne avait condamné huit accusés et en avait acquitté cinq autres pour l'agression de policiers à Viry-Châtillon en 2016. La cour avait prononcé des peines allant de 10 à 20 ans de réclusion pour huit des treize accusés qui avaient été jugés à huis clos pour avoir brûlé quatre policiers, dont deux grièvement, en incendiant leurs véhicules près de Paris. 

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"Une attaque destinée à tuer"

Vendredi dernier, le verdict, rendu sous haute surveillance policière dans une salle pleine à craquer, avait été accueilli dans le calme. Après treize heures de délibération, la cour  n'a pas suivi les réquisitions du parquet qui avait demandé la veille, au terme d'un réquisitoire de cinq heures, des peines de 20 à 30 ans de réclusion criminelle contre les 13 accusés, âgés aujourd'hui de 19 à 24 ans.

Le 8 octobre 2016, deux voitures de police stationnées à proximité de la Grande Borne, considérée comme l'une des cités les plus sensibles d'Île-de-France, avaient été prises d'assaut en plein jour par une vingtaine de jeunes.

En quelques secondes, ils avaient brisé les vitres et jeté dans l'habitacle des cocktails Molotov. Dans une première voiture, les deux sièges avant s'étaient enflammés. Un adjoint de sécurité, âgé aujourd'hui de 31 ans, et une gardienne de la paix, 42 ans, avaient pris feu. Dans l'autre voiture, les deux agents étaient parvenus à sortir malgré le cocktail Molotov tombé sur la banquette arrière. Ils seront blessés plus légèrement. L'agression avait suscité une immense colère et déclenché une fronde inédite dans la police. Bernard Cazeneuve, alors ministre de l'Intérieur, avait dénoncé "un acte de guerre", "une attaque barbare, sauvage, qui était destinée à tuer".

Des peines "extrêmement faibles"

"Les victimes attendaient un signal fort de la justice, un message à destination de l'ensemble du peuple français, que l'on ne touche pas à un policier (...).  Les peines prononcées sont extrêmement faibles par rapport à la qualification retenue", a réagi Laurent-Franck Liénard, avocat de deux des policiers brûlés. Dénonçant un verdict "incompréhensible", il a affirmé avoir "l'impression" que ces peines "n'étaient pas à la hauteur du crime".  

Même tonalité pour l'avocat Thibault de Montbrial, qui représente une des policières prises pour cible. "Compte tenu de la violence sans cesse croissante qui monte dans notre pays, des attaques quotidiennes contre les forces de sécurité intérieures, ce verdict est extrêmement inquiétant", a-t-il dit.

Du côté de la défense, certains critiquaient au contraire un verdict trop sévère.

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