Policiers jugés pour viol au "36" quai des Orfèvres : les accusés veulent "démontrer leur innocence"

Justice

JUSTICE - Le procès de deux anciens policiers de la Brigade recherche et d'intervention jugés pour viol s'est ouvert ce lundi devant la cour d'assises de Paris en présence de la victime présumée. Après la lecture des faits, les accusés, Nicolas R., 49 ans, et Antoine Q., 40 ans, ont indiqué à la barre qu'ils allaient tenter, pendant ces trois semaines d'audience, de prouver leur "innocence".

Il n'y aura finalement pas de huis clos et toutes les audiences pendant trois semaines seront ouvertes à la presse et au public. Ce lundi, le procès de Nicolas R. 49 ans Et Antoine Q., 40 ans, deux policiers, anciens de la Brigade de Recherche et d'Intervention, jugés pour viol, s'est ouvert devant la cour d'assises de Paris. 

A moins de deux mètres d'eux, dans la salle, Emily S., 39 ans aujourd'hui, cheveux courts, lunettes, tout de noir vêtue. Cette  femme de nationalité canadienne a croisé leur chemin il y a cinq ans, le 22 avril 2014, dans un pub du quai des Grands Augustins, en face du mythique 36 quai des Orfèvres où elle dit avoir été agressée sexuellement par plusieurs fonctionnaires, "trois" ou "quatre" selon ses déclarations. Deux sont poursuivis aujourd'hui dans le cadre de cette affaire qui avait ébranlé la réputation du "36". 

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"Mis au placard"

Après avoir décliné leur identité à la barre, assisté au tirage des jurés (6 jurés titulaires et trois jurés supplémentaires parmi lesquels, six femmes et trois hommes) et à la lecture du planning, les accusés ont écouté le long rappel des faits. "Ce rapport est une photographie qui est celle de la chambre de l'instruction. Ce n'est pas une vérité gravée dans le marbre. C'est l'audience qui forgera notre intime conviction" a rappelé le président aux jurés. 

Un peu plus tard, avant la suspension d'audience, il appellera une nouvelle fois les accusés à la barre  pour avoir leur ressenti sur cette soirée très alcoolisée qui a vite dégénéré et sur les trois semaines d'audience à venir. 

"Je plaide non coupable. Je tiens à démontrer mon innocence pendant ces trois semaines de procès, a déclaré Nicolas R., 49 ans, cheveux ras, costume noir. Nous allons voir les différentes théories avancées par la partie civile. Je continue à reconnaître la fellation consentie". Et de poursuivre : "J'espère reprendre une vie normale. C'est un cataclysme dans ma vie. J'ai une fille adolescente, c'est très compliqué de lui expliquer ça.  Sur le plan professionnel, j'ai été mis au placard. J'ai à coeur de pouvoir prouver mon innocence, de classer une affaire qui me ronge depuis cinq ans". 

"Un costume d'horreur"

Son collègue Antoine Q. , 40 ans, lui aussi tout de noir vêtu, brun, cheveux courts et lunettes sombre, prendra à son tour la parole à la barre. "On nous a affublés d'un costume d'horreur. Ça fait cinq ans presque maintenant que notre vie a basculé. Je suis affublé d'un costume, d'une personne que j'abjecte. Comme mon camarade je vais montrer que je suis innocent. J'ai peut-être été long à en parler. J'ai une vie familiale et un nom dans la profession. Effectivement j'ai eu un contact avec madame à plusieurs reprises dans la voiture, dans la rue. (...) Mais j'ai jamais fait ce qu'elle a dit. Je m'en expliquerai évidemment"

Et quand le président lui demande des détails sur le baiser "avec la langue", les caresses"...  

- "Ca  s'arrête-là" rétorque l'accusé. 

-"Ca sera discuté par la suite", poursuit le président. 

Dans le calme de la salle, Emily S. écoute, jambes croisées sur le banc, mains sur les genoux, les mots de ceux qu'elle accuse. L'audience est suspendue.  Ni la partie civile, ni la défense, n'ont souhaité faire de commentaire à l'issue de l'audience qui s'est achevée un peu avant 18 heures. L'audience doit reprendre mardi matin, à 9h30. 

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