Portraits de Macron : relaxés en première instance, des "décrocheurs" condamnés en appel

Portraits de Macron : relaxés en première instance, des "décrocheurs" condamnés en appel
Justice

PROCÈS - Les prévenus, deux trentenaires qui militent au sein du groupe Action non-violente COP21, avaient volé le portrait du président de la République en février 2019 dans la mairie du IIe arrondissement de la ville.

Relaxés en septembre par le tribunal de Lyon qui avait jugé leur action "légitime" et avait invoqué "l'état de nécessité", deux militants écologistes ont été condamnés en appel mardi.

Les prévenus, deux trentenaires qui militent au sein du groupe Action non-violente COP21, avaient volé le portrait du président de la République en février 2019 dans la mairie du IIe arrondissement de la ville. En première instance, le tribunal correctionnel avait estimé que leur action constituait une interpellation légitime du chef de l'État sur la question du dérèglement climatique et devait être interprétée comme "le substitut nécessaire du dialogue impraticable" entre le président et le peuple.

" Cela ne nous décourage pas pour autant "

Mais le parquet avait fait appel et les militants ont cette fois été condamnés à 250 euros d'amende ferme. "Cette décision ne va pas dans le sens de l'histoire. Hier (lundi) en Suisse, un jugement a reconnu l'état de nécessité pour des militants qui s'étaient introduits dans une banque", a regretté l'un de leurs avocats, Thomas Fourrey. "Cela ne nous décourage pas pour autant, nous restons déterminés. Nous allons contester cette condamnation et nous pourvoir en cassation afin d'obtenir une décision inspirante, qui soit vraiment à la hauteur du péril climatique", a annoncé la prévenue, Fanny Delahalle.

Dans une autre affaire, six "décrocheurs" jugés au mois de mai à Bourg-en-Bresse ont été condamnés à des peines similaires - 500 euros d'amende avec sursis - en appel mardi à Lyon. "Quand on voit les incendies en Australie qui sont à l'image de notre futur proche si rien n'est fait, et déjà une réalité pour les Australiens, la relaxe était la seule réaction décente et sensée que pouvait nous offrir la justice", a déclaré l'une des activistes condamnées, Anne-Sophie Trujillo.

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"Les deux arrêts remettent en cause la nécessité de l'action en reprochant aux prévenus de ne pas avoir utilisé, au préalable, tous les moyens dont ils disposaient. Or, c'est justement parce que toutes les voies légales de plaidoyer et de recours avaient été épuisées qu'ils en sont arrivés là", a commenté l'une de leurs avocates, Me Sophie Pochard. "C'est l'inaction du gouvernement pour préserver le climat qui est criminelle. Merci à ces citoyens engagés pour le climat !", a réagi dans un tweet le candidat EELV pour la métropole de Lyon, Bruno Bernard.

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