Prêt-à-porter : affaibli par la crise du Covid-19, Camaïeu placé en redressement judiciaire

Le marché du textile se porte mal depuis longtemps. Les enseignes qui sont actuellement en difficulté l'ont déjà été avant l'épidémie. Camaïeu compte 634 magasins en France. Comment expliquer son déclin ?
Justice

CRISE - L'industrie textile subit de plein fouet la crise sanitaire liée au coronavirus. En difficulté financière depuis plusieurs mois, le Covid-19 a enfoncé un peu plus la trésorerie de Camaïeu dans le rouge. Ce géant du prêt-à-porter, qui emploi 3900 salariés en France, a été placé en redressement judiciaire par le Tribunal de commerce de Lille.

"La crise Covid a été le déclencheur des difficultés de trésorerie". L'entreprise de prêt-à-porter Camaïeu, spécialiste de l'habillement féminin qui emploie 3.900 salariés en France dont 450 au siège social à Roubaix (Nord), a été placée mardi 26 mai en redressement judiciaire par le tribunal de commerce de Lille. 

"Lourdement impactée par la crise sanitaire et faute d’un prêt garanti par l'Etat (PGE) qui lui aurait permis de surmonter son impact sur l’activité, Camaïeu a été placée sous la protection du tribunal de commerce de Lille", en vue "de sa mise en redressement judiciaire", a affirmé une source proche de la direction à l'AFP, confirmant une information de La Voix du Nord

"L'obtention d'un PGE aurait permis d'y faire face et de boucler le financement afin de poursuivre la transformation entamée en octobre", a avancé cette source. Cette décision s'accompagne d'une période d'observation de six mois, a précisé Thierry Siwik, délégué syndical CGT, qui dénonce lui un "plan social déguisé"

Fermeture de 800 magasins dans le monde

Début mars, "l’entreprise avait commencé à mettre en œuvre son plan de transformation et un accord de financement était sur le point d’être conclu avec les actionnaires et les banques", mais "la crise sanitaire a obligé le groupe à fermer brutalement plus de 800 magasins dans le monde". "Son chiffre d’affaires a chuté de 95 %, soit un manque à gagner de 162 millions d'euros", a-précisé la source. "C’est donc sous la protection du tribunal que pourront être explorées toutes les pistes, dont celle d’un plan de reprise", a-t-elle poursuivi. 

De son côté, le délégué CGT Thierry Siwik a dénoncé "un plan social déguisé" à l'oeuvre "depuis plusieurs années". "Chaque mois, depuis trois ans, on nous annonce, sous motif d'une baisse d'activité, entre quatre et cinq fermetures de magasins, cela évite de procéder à un plan social", a-t-il argué. "Pour nous, ce placement en redressement judiciaire va servir à restructurer en profondeur l'entreprise et on craint de nombreux licenciements", a-t-il ajouté, affirmant que pour la CGT la crise sanitaire n'était "qu'un prétexte de la direction"

Le secteur du textile mis en péril

Camaïeu n'est pas la première enseigne du secteur à être mise en péril par la pandémie. L'enseigne de chaussures André, plus que centenaire, avait été la première entreprise française victime du coronavirus, l'entreprise qui l'avait rachetée, Spartoo, pointant les crises successives.

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"On a subi les gilets jaunes", avec un trafic en baisse de 20 à 25%, "puis, en pleine période de soldes en janvier, les grèves liées à la réforme des retraites", et maintenant la pandémie de Covid-19, déplorait le PDG de Spartoo Boris Saragaglia au moment du placement en redressement judiciaire de l'entreprise. Parmi les autres enseignes de vêtements et chaussures, Naf Naf, La Halle, Orchestra-Prémaman ont également particulièrement souffert de la crise.

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