Prison : "Est-ce qu'on va revenir vivant le soir ?", un surveillant raconte son quotidien

Prison : "Est-ce qu'on va revenir vivant le soir ?", un surveillant raconte son quotidien

TÉMOIGNAGE - Des syndicats de surveillants de prison, notamment FO, appellent à diverses actions pouvant aller jusqu'au blocage des établissements, pour protester contre la "dégradation" de la sécurité. Un surveillant s'est confié à LCI sur ses inquiétudes du quotidien.

Agressions, mutineries, menaces... Face à la "dégradation constante" de la sécurité en prison, les syndicats de surveillants ont appelé à diverses actions ce jeudi, pouvant aller jusqu'au blocage des établissements. Interrogé par LCI, un surveillant témoigne de son quotidien : "On travaille avec des populations pénales très difficiles ces temps-ci. On va avec la boule au ventre au travail et on se dit : 'est-ce qu'on va revenir vivant le soir ?', explique-t-il avec émotion. On ne sait pas ce qu'il peut se passer. Ce n'est pas le métier le plus facile du monde..." 

"Nous ne sommes pas des cobayes de l'administration au sein d'unités dédiées mises en place sans effectifs et sans mesures réelles de sécurité", a prévenu le syndicat FO, le deuxième chez les surveillants après l'Ufap. Symboliquement, c'est le lendemain de l'annonce de la présentation du budget et alors que le ministre a déjà annoncé la construction de plus de 10.000 places sur dix ans, que FO a appelé au blocage des prisons.

400 surveillants manquants en Île-de-France

Ces dernières semaines les violences contre les surveillants ont été nombreuses : une mutinerie a eu lieu à Vivonne (Vienne), une agression djihadiste contre des surveillants à Osny (Val d'Oise). Dimanche 25 septembre, une émeute a eu lieu à la prison de Valence (Drôme) où des surveillants ont été blessés. Mardi soir, au centre pénitentiaire de Condé-sur-Sarthe, près d'Alençon, "cinq surveillants ont dû faire face à la rage d'un homme lourdement armé d'une équerre métallique pesant 2 kg mesurant 72 cm de long par 27 de large", a annoncé le syndicat FO dans un communiqué titré "Tentative d'homicide".

"On travaille dans des conditions de plus en plus déplorables. C'est tout pour les voyous et rien pour les personnels pénitentiaires. On demande plus de moyens humains. En Île-de-France, on en est à moins 400 surveillants, à moins 48 à Bois d'Arcy", s'est énervé Willy Saib, secrétaire local FO de la maison d'arrêt.

A Osny (Val d'Oise), une dizaine de surveillants prévoyaient de bloquer l'établissement "jusqu'à environ 9h", tandis qu'à Villepinte (Seine-Saint-Denis), une trentaine d'entre eux comptaient rester devant la prison "jusqu'à ce qu'ils soient délogés par les forces de l'ordre", rapporte FO.

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