"Pour que d’autres frères m’imitent" : le négociateur raconte ce que lui a dit Mohamed Merah avant l'assaut du Raid

"Pour que d’autres frères m’imitent" : le négociateur raconte ce que lui a dit Mohamed Merah avant l'assaut du Raid
Justice

JUSTICE – Le témoin X dit "Hassan" a déposé ce jeudi matin dans le cadre du procès d’Abdelkader Merah et Fettah Malki, jugés pour complicité dans les actes terroristes commis par le tueur au scooter. Cet homme est aussi celui à qui on a demandé de négocier avec Mohamed Merah pendant le siège à son domicile.

Pas de visage, même dissimulé, voix de robot dans laquelle on note quand même l’accent toulousain. Le témoin X, dit "Hassan", a témoigné ce jeudi matin dans le cadre du procès d’Abdelkader Merah et Fettah Malki, jugés pour complicité dans les actes terroristes commis "le tueur au scooter" en 2012. L’homme a quitté Toulouse depuis 5 ans, juste après les assassinats de Mohamed Merah. 

A l’époque, cet homme était policier à la Direction régionale du renseignement intérieur à Toulouse. Le fonctionnaire a suivi Mohamed Merah entre 2006, année au cours de laquelle le terroriste a été fiché S, et 2012, année où il a été abattu par le Raid. Hassan avait avant cela aussi un temps le frère de Mohamed : Abdelkader Merah. Le 21 mars 2012, c’est à lui que la police a fait appel pour devenir négociateur afin d’obtenir la reddition de celui qui, en huit jours, avait abattu sept personnes, dont trois enfants et blessé grièvement plusieurs autres, dont un militaire. Un témoin important, qui a donc raconté une partie de la conversation avec le tueur au scooter ce jeudi. 

"Il voulait devenir un modèle"

Hassan précise d'entrée que, quand il s’est retrouvé dans cette situation, il n’avait jamais été formé à la négociation. Lui avait déjà vu Mohamed Merah deux fois physiquement : la première fois pour lui remettre sa convocation à son retour du Pakistan en 2011, la seconde fois lors du "debriefing" avec lui et les policiers de la DCRI en novembre 2011. 

La négociation avec Mohamed Merah durera 32 heures, entre le 21 mars et le 22 mars 2012. Selon Hassan, le tueur voulait savoir comment les policiers l’avaient identifié et localisé. "Il voulait savoir quelle erreur il avait commise. Si des arrestations avaient eu lieu (et) avaient conduit la police jusqu'à lui", a expliqué le témoin X. 

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"Il m'a dit : 'Si j'ai fait cela, c'est pour que d'autres frères m'imitent. Il voulait servir de modèle", a continué le policier-analyste opérationnel, précisant que Mohamed Merah lui avait indiqué avoir agi seul. "Je suis tout seul en France, t’as vu ? Je suis tout seul en France mais j’ai été entraîné, a ainsi confié le terroriste au négociateur. Je ne me suis confié qu'à une seule personne : Allah". "C'était une façon pour lui de protéger son environnement",  commente Hassan. 

"Des attaques préparées"

"Pour le fatiguer" Mohamed Merah, le négociateur lui pose "beaucoup de questions". Sur l’attentat commis à l’encontre des militaires (Abel Chennouf, Mohamed Legouad et Loïc Liber, le 15 mars 2012), Mohamed Merah dit qu’il a fait des repérages la veille. "Il nous dit qu’il voulait gagner en simplicité, efficacité et rapidité. Merah voulait faire un maximum de victimes en un laps de temps très court", estime Hassan.

Sur l'attaque le 19 mars 2012, dans l'enceinte de l'école juive Ozar Hatorah - où Jonathan Sandler, 30 ans, ses deux fils Arié et Gabriel (5 et 3 ans) ainsi que Myriam Monsonego (7 ans) ont été tués -, l'agent a déclaré que cette cible faisait partie des objectifs initiaux de Merah mais que l'attaque a été improvisée à la dernière minute. "C'était pas prémédité, enfin si, je comptais le faire mais pas ce jour là", lui a confié Mohamed Merah, qui avait en fait prévu de tuer deux autres militaires absents de leur domicile.

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Affaire Merah : des failles dans le dispositif de surveillance ?

Pendant les 32 heures, le négociateur obtiendra des informations de la part du terroriste... mais pas sa reddition. Le "tueur au scooter" sera abattu le 22 mars au matin, par les hommes du RAID. Dans le box aujourd'hui, son grand-frère Abdelkader Merah, accusé de complicité dans les actes terroristes de son cadet, et Fettah Malki, ami d'enfance soupçonné de lui avoir remis un pistolet-mitrailleur Uzi, un gilet pare-balles et des munitions. 

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