"Je n’ai pas pu regarder" : Maryse Wolinski face aux insoutenables images de la tuerie de "Charlie Hebdo"

"Je n’ai pas pu regarder" : Maryse Wolinski face aux insoutenables images de la tuerie de "Charlie Hebdo"
Justice

ATTENTATS - Cinq ans et demi après les faits, le procès de la tuerie de Charlie Hebdo est "éprouvant" pour les rescapés et les proches des victimes. Maryse Wolinski, veuve du dessinateur Georges Wolinski, était l'invitée de Darius Rochebin mardi 8 septembre sur LCI.

Jeudi, pour le septième jour du procès des attentats de janvier 2015, Maryse Wolinski est attendue à la barre. L’épouse de Georges Wolinksi, tué le 7 janvier 2015 dans les locaux de Charlie Hebdo, compte montrer pendant l’audience des dessins de son mari. Car ce n’est pas seulement sur les événements qu’elle veut témoigner : c’est aussi, et même d’abord, sur qui était l’homme qu’elle aimait. "C’est comme un hommage que j’ai envie de lui rendre à l’occasion de ce procès", confie-t-elle sur LCI.

Ce procès, s’il est "très important" pour elle, est aussi "très éprouvant".  La journée du lundi 7 septembre a été particulièrement dure : les images de la scène de crime et des extraits de vidéosurveillance ont été projetés. Trop dur à supporter pour Laurent Léger et Sigolène Vinson, tous deux rescapés de la fusillade, qui ont quitté la salle, tout comme la compagne de Bernard Maris et la veuve de Tignous. Maryse Wolinski, elle, est restée, baissant toutefois les yeux par moment. "Je me pensais assez forte pour regarder, mais quand il s’est agi de mon mari je n’ai pas pu regarder", dit-elle, estimant qu’ "il fallait" diffuser ces images, aussi insoutenables soient-elles.

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"C’est vraiment une scène de guerre. De toute façon ce sont des armes de guerre, note-t-elle. Que pouvaient faire les policiers de la BAC ? On voit leur voiture qui recule. Ils ne pouvaient que reculer."

Ce jour-là, armés de kalachnikov, Saïd et Chérif Kouachi ont décimé la rédaction de Charlie Hebdo. "J’ai vu [sur les vidéos, NDLR] comment les Kouachi ont fonctionné, surtout Chérif", raconte Maryse Wolinski. C’est ce dernier qu’elle interpelle directement dans son livre, Au risque de la vie. "Il est entré dans ma tête. J’ai tout de suite compris que c’était lui le tueur", déclare-t-elle. Difficile en revanche de comprendre la haine qui l’a poussé à commettre cet attentat : "Comment comprendre cette haine ? Je n’ai pas la culture de la haine. J’ai été élevée dans la bienveillance. Ça, c’est quelque chose que je ne peux pas élucider", dit Maryse Wolinski.

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De ce procès, la veuve du dessinateur dit n’attendre "pas grand-chose". Les principaux responsables sont morts : "C’est le procès des intermédiaires, des complices". Faire son deuil grâce au procès ? La journaliste n’y croit pas vraiment. "C’est trop violent. Il y a eu cette violence de l’attentat, et toutes les violences autour : le fait que l’annonce du décès n’a pas été officielle ; la violence de l’omerta, sur la levée de la surveillance à Charlie Hebdo et sur les différents dysfonctionnements qu’il y a eu pour que cet attentat ait lieu en plein Paris, une matinée, dans un quartier très fréquenté." C’est sur ces sujets que Maryse Wolinski voudrait des réponses : "Ça, c’est un procès contre l’Etat, et ça ne se fera jamais", déplore-t-elle.

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