Attentat contre Charlie Hebdo : "Je pensais mourir exécutée", le témoignage poignant de la dessinatrice Coco

Attentat contre Charlie Hebdo : "Je pensais mourir exécutée", le témoignage poignant de la dessinatrice Coco

RESCAPEE - Au cinquième jour du procès des attentats de janvier 2015, Corinne Rey, dessinatrice à Charlie Hebdo, a relaté ce mardi l'irruption des frères Kouachi dans les locaux du journal satirique.

"Je me suis sentie bien dans cette rédaction. Mais je me suis aussi vite rendu compte du danger". C'est ainsi que Corinne Rey, surnommée Coco, rescapée de la tuerie, a débuté son témoignage ce mardi devant la cour d'assises de Paris. "Je m’étais toujours dit que cette rue était particulièrement déserte", souligne-t-elle en référence à la rue Nicolas Appert, où la rédaction de Charlie Hebdo était installée depuis 2014. Calme, jusqu’à ce que la tuerie du mercredi 7 janvier 2015 éclate vers 11h30. 

En début de matinée, Coco, l'une des dessinatrices de l'hebdomadaire, dépeint une ambiance agréable et animée. Les journalistes évoquent Michel Houellebecq ainsi que les jeunes qui partent faire le djihad lors de la conférence de rédaction. Avant la fin de la réunion, elle décide de partir plus tôt que d'habitude pour aller chercher sa fille à l'école. "Je suis partie sans dire au revoir et discrètement", explique-t-elle d’une voix tremblante. "Les terroristes sont arrivés quand je sortais de l’immeuble".

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"Ils voulaient tuer, cela se ressentait dans leurs gestes, leurs paroles"

Les deux frères Kouachi, cagoulés, pointent alors leurs armes sur elle. "On veut Charlie Hebdo, on veut Charb", lancent-ils d'un air menaçant. En état de "détresse absolue", Corinne Rey est persuadée qu’elle va être "exécutée". "Ils voulaient tuer, cela se ressentait dans leurs gestes, dans leur façon de parler, de crier", se souvient-elle.  

La dessinatrice n’a pas le choix : elle conduit les terroristes à l’étage où se trouve la rédaction. "Vous avez insulté le prophète", disent-ils dans les escaliers. Arrivée au troisième étage, Coco tape le code d’entrée et se cache sous un bureau à proximité, avant d’entendre des bruits de chaises et de tirs saccadés. Les tueurs crient "Allah Akbar", relate-t-elle. 

Lorsque le silence revient enfin, Coco se dirige dans la pièce où le drame s'est produit. Elle aperçoit un premier homme à terre, Mustapha, ainsi que beaucoup de sang qui formait déjà "une pâte marron". Après avoir enjambé le corps de Tignous, les jambes de Cabu, le visage "d’une pâleur extrême" de Charb, la dessinatrice découvre la balafre de Philippe Lançon. Une blessure "très choquante", mais pas mortelle. Patrick Pelloux arrive et crie : "Charb, Charb, mon frère", se rappelle-t-elle, émue, avant que les secours interviennent. Les rescapés se regroupent ensuite au théâtre de la Bastille, situé juste en face.

Après l’attaque, Corinne Rey souhaite "s’exprimer", "dessiner" et surtout continuer de faire vivre le journal meurtri. "C’était un hommage pour moi (...) Ils étaient des modèles et portaient un vrai regard sur le monde", se remémore-t-elle.

Grâce aux psychologues d’aide aux victimes, la dessinatrice s’est peu à peu libérée d’un sentiment "d’impuissance" et de culpabilité. "Ce n’était pas moi la coupable, mais seulement les Kouachi et leurs complices", termine-t-elle. "Désormais, j’attends que justice soit faite".

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