Attentat de Charlie Hebdo : une attaque en moins de deux minutes

Attentat de Charlie Hebdo : une attaque en moins de deux minutes

PROCÈS – Le procès des attentats perpétrés les 7, 8 et 9 janvier 2015 qui ont fait 17 morts, s'ouvre mercredi 2 septembre devant la cour d'assises spéciale de Paris. L'analyse des caméras de vidéosurveillance a montré que l'attaque contre le journal satirique avait duré moins de 2 minutes.

Pendant des jours, ces images ont été diffusées en boucle dans les médias puis sur les réseaux avant qu'elles ne soient supprimées. Deux hommes en noir et armés, criant dans une rue paisible du 11e arrondissement ces mots "On a vengé le prophète Mohammed ! On a tué Charlie Hebdo !".  

Alors que le procès des attentats de janvier 2015 commencent ce mercredi 2 septembre  2020 devant la cour d'assises de Paris spécialement composée, LCI revient sur la chronologie de l'attaque commise dans les locaux de Charlie Hebdo, 10 rue Nicolas Appert, le 7 janvier 2015, en fin de matinée. Une attaque qui a duré moins de deux minutes, d'après les images extraites des caméras de vidéosurveillance et les témoignages recueillis. Le drame s'est déroulé entre 11:33:50 et 11:35:36 et a coûté la vie la quasi totalité d'une rédaction et à ceux qui ont voulu la protéger.

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Le mercredi 7 janvier 2015 vers 11h30, deux hommes cagoulés, vêtus de sombre et armés de fusils d'assaut, identifiés ultérieurement comme étant les frères Kouachi, entrent au 6, Allée verte et demandent aux personnes présentes s'ils sont bien dans les locaux de Charlie Hebdo. Après avoir eu une réponse négative, un des deux individus tire un coup de feu et tente d'obtenir la localisation de la rédaction. Des témoins indiquent avoir entendu alors ces propos terrifiants: "Vous leur direz qu'on est venu de la part d'Al Qaïda Yemen" puis "On est venu venger le prophète". 

Les deux hommes armés repartent, et  pénètrent ensuite dans l'immeuble du 6-10 rue Appert par le hall. Au 10 rue Nicolas Appert, l'un des frères Kouachi demande aux trois hommes présents dans la loge du gardien pour assurer la maintenance où se trouvent les bureaux du journal satirique. Les interlocuteurs l'ignorent. L'un des deux hommes armés tire dans leur direction à une reprise et touche mortellement Frédéric Boisseau, né le 19 octobre 1972. Les derniers mots de la victime seront "Je suis touché, appelez ma femme, c'est fini". Le quadragénaire  décède quelques secondes plus tard.

11:33:50, arrivée dans les bureaux

Les Kouachi poursuivent leur chemin à la recherche de leur but. Après avoir croisé la dessinatrice Corinne Rey, dite Coco, qui fumait une cigarette en bas de l'immeuble, les deux hommes la contraignent à leur ouvrir la porte de l'immeuble en composant le code d'accès. 

A 11h33, les frères Kouachi pénètrent dans la pièce d'accueil du journal et tirent  sur Simon Fieschi, webmaster de Charlie, alors assis à son bureau. Puis, ils rentrent dans la salle de rédaction où se tient la conférence hebdomadaire de rédaction. En moins de 120 secondes, ils exécutent Franck Brinsolaro, 48 ans, policier du Service de la protection en charge de la protection de Stéphane Charbonnier qui avait sorti son arme, Stéphane Charbonnier dit Charb, 47 ans, directeur de la publication, dessinateur et journaliste, Elsa Cayat, 54 ans, psychiatre et psychanalyste, Michel Renaud, 69 ans, journaliste et grand voyageur, invité de Cabu ce jour-là,  Georges Wolinski, 80 ans, dessinateur, Philippe Honoré, illustrateur, Bernard Maris, 68 ans, économiste,  Bernard Verlhac dit Tignous, 57 ans, dessinateur et Jean Cabut, dit Cabu, 76 ans, caricaturiste, dessinateur de presse et auteur de bande dessinée 

Mustapha Ourrad, lecteur-correcteur du journal, 66 ans, est exécuté à l'extérieur de la salle de rédaction. 

Au cours de ces tirs nourris seront  blessés, dont plusieurs grièvement Simon Fieschi,, dont le pronostic vital était engagé, Philippe Lançon et Fabrice Nicolino, journalistes et Laurent Sourisseau dit Riss, caricaturiste, auteur de bande dessinée français et le directeur de publication du journal. 

11:35:36 secondes, les frères Kouachi quittent les lieux

Deux minutes après avoir pénétré dans les locaux, les frères Kouachi quittent l'immeuble de la rue Nicolas Appert. 

Les survivants, au cours de leurs auditions, diront avoir entendu les deux frères prononcés de nombreuses expressions ou phrases au cours de cette tuerie. Parmi elles: "Allah Akbar!", "On ne tue pas les femmes", "Le prophète est vengé", "Yémen" ou encore " C'est bon on les a tous tués"

Après être parvenu à prendre la fuite, les Kouachi font une nouvelle victime, non loin des locaux de Charlie Hebdo. Sur le boulevard Richard, à quelques mètres de la rédaction, ils blessent d'une balle dans la jambe le policier Ahmed Merabet, qui tentait de mettre fin à leur course. Le fonctionnaire né le 8 février 1974 en Seine-Saint-Denis est vite rattrapé par les deux frères. 

S'approchant du policier, Chérif Kouachi lui lance: "Tu voulais me tuer ?". Ahmed Merabet lève alors les mains, paumes ouvertes. Chérif Kouachi lui tire une balle dans la tête. Ahmed Merabet ne survivra pas. Les Kouachi eux repartent, l'un d'eux crie devant témoins: "C'est pour la vengeance de notre prophète". Les deux frères seront neutralisés deux jours plus tard, dans une imprimerie de Dammartin-en-Goêle en Seine-et-Marne.

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