Procès Barbarin : "Je n'arrive pas bien à voir en quoi je suis coupable", se défend le cardinal en appel

Le cardinal Barbarin , jeudi 28 novembre.
Justice

ÉGLISE - Ce jeudi, au premier jour de son procès en appel, l'archevêque de Lyon maintient qu'il n'a rien caché des abus sexuels commis par le passé par le père Preynat. Le prélat adopte exactement la même ligne de défense qu'en première instance.

Il n'en démord pas. Au premier jour de son procès en appel, ce jeudi 28 novembre, le cardinal Barbarin a défendu la même position qu'en première instance. "Je n'arrive pas bien à voir en quoi je suis coupable", insiste-t-il. L'archevêque de Lyon de 69 ans se retrouve en effet de nouveau au tribunal car il a fait appel de sa condamnation pour ne pas avoir dénoncé les abus sexuels commis sur de jeunes scouts par le père Preynat, un prêtre de son diocèse. 

Les faits remontent à une époque très antérieure à l'arrivée du prélat à Lyon en 2002. Il lui est reproché de ne pas les avoir dénoncés au moment où il en a eu connaissance. Quand a-t-il eu vent du passé de ce prêtre ? La réponse à cette question, justement au coeur du dossier, reste floue. Fin septembre 2002, l'agenda du cardinal l'amène dans la paroisse de Preynat. "On entend des bruits, il y a des trucs, quelque chose de louche, mais personne ne dit rien de précis", affirme-t-il.

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En 2010, en plein scandale de pédophilie en Irlande, le cardinal dit avoir convoqué le prêtre pour "avoir le coeur net" sur ces "rumeurs". Mais il maintient n'avoir alors rien su de précis, se contentant de croire Preynat quand celui-ci lui affirme que ses agissements ont cessé en 1991. C'est en 2014, en rencontrant une victime de Preynat, Alexandre Hezez, que l'archevêque assure avoir appris le détail des abus et l'existence de dizaines de victimes.

J'ai agi devant mon autorité à moi, celle de Rome"- Le cardinal Barbarin, lors de son procès en appel jeudi 28 novembre 2019

"Les faits étaient prescrits et empêchaient une action devant la justice, j'ai donc agi devant mon autorité à moi, celle de Rome", se défend le cardinal. Preuve qu'il voulait que "la vérité soit dite", il dit avoir encouragé la victime avec qui il avait parlé à en trouver d'autres, plus jeunes. "Il ne m'a jamais, jamais, jamais demandé cela", rétorque pourtant Alexandre Hezez.

"Est-ce qu'il vous est déjà arrivé de dénoncer des faits à la justice ?" lui a demandé Me Raphaëlle Hovasse, avocate des parties civiles. "Consulter le procureur, y compris le procureur général, pour savoir ce que je dois faire, oui cela m'est arrivé", concède le prélat. "Consulter mais pas dénoncer", réplique l'avocate. "Et pourquoi ne l'avez-vous pas fait dans ce dossier, appeler le procureur ou lui écrire ?" "Je ne savais pas comment faire avec des faits anciens", justifie-t-il toujours et encore.

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