Procès Tapie : 5 ans de prison ferme requis contre l'ancien ministre pour "escroquerie"

Justice

JUSTICE - Le ministère public a requis cinq ans de prison ferme contre l'homme d'affaires, Bernard Tapie. Un réquisitoire qui n'a visiblement pas apprécié.

Les réquisitions sont lourdes pour Bernard Tapie. Le ministère public a requis lundi soir cinq ans de prison ferme à l'encontre de Bernard Tapie pour "escroquerie" et "détournement de fonds publics" dans l'affaire de l'arbitrage controversé qui lui avait octroyé 403 millions d'euros en 2008 et qui a été annulé au civil pour "fraude".

Au terme d'un réquisitoire de plus de quatre heures et demi, ils ont également demandé au tribunal correctionnel d'ordonner la confiscation de l'ensemble des biens saisis au patron du groupe de médias La Provence. 

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"Vous êtes contents ?" : Bernard Tapie interpelle les avocats à la sortie du tribunal après les réquisitions

Cet arbitrage, censé solder un vieux litige entre l'homme d'affaires et le Crédit Lyonnais, était "truqué" et Bernard Tapie, qui souffre aujourd'hui à 76 ans d'un double cancer, son "co-organisateur" et son "bénéficiaire principal", ont estimé les représentants du parquet.

Visiblement en colère, il s'est adressé à la sortie du tribunal aux avocats des parties civiles. "Vous êtes contents ? Ça va ? Vous allez passer une bonne soirée tous, là", leur a-t-il lancé.

Le parquet a en outre requis une peine de trois ans d'emprisonnement avec sursis contre Me Maurice Lantourne, ancien avocat de Bernard Tapie et son "éminence grise", et trois ans ferme à l'encontre du haut magistrat et principal rédacteur de la sentence arbitrale, Pierre Estoup, "à la solde" du duo. 

Contre l'actuel PDG d'Orange Stéphane Richard, qui était le directeur de cabinet de la ministre de l'Economie Christine Lagarde et qui a fait à celle-ci une "présentation tronquée" du litige lors de l'entrée en arbitrage en 2007, le ministère public a demandé trois ans de prison, dont 18 mois ferme, assortis d'une amende de 100.000 euros et d'une interdiction de toute fonction publique pendant cinq ans. 

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