Au 1er jour de son procès, Cahuzac se dédouane sur le financement politique de Rocard

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JUSTICE - Quelques heures après l'ouverture de son procès, Jérôme Cahuzac a déclaré ce lundi que son 1er compte en Suisse avait été ouvert en 1992 pour financer les activités politiques de Michel Rocard. Il a ajouté que l'ancien Premier ministre, décédé début juillet, n'était cependant probablement pas au courant.

C'est une petite bombe que Jérôme Cahuzac a lâchée quelques heures après l'ouverture de son procès ce lundi. L'ex-ministre du Budget, jugé par le tribunal correctionnel de Paris pour fraude fiscale et blanchiment, a déclaré que l'argent versé en Suisse en 1992 avait été ouvert pour financer des activités politiques au profit de Michel Rocard. 


"J'ai demandé à Philippe Péninque d'ouvrir un compte en Suisse en 1992 (...). Les premières sommes versées n'étaient pas le fruit de mon travail.  Ce compte, c'est du financement d'activités politiques pour un homme dont j'espérais qu'il aurait un destin politique national", a-t-il déclaré. L'ancien élu socialiste a par la suite indiqué qu'il s'agissait d'un financement pour Michel Rocard, sans livrer le nom de ses interlocuteurs.  Il a aussi indiqué que l'ancien Premier ministre, décédé en juillet, n'était probablement pas au courant de l'ouverture de ce compte. Jérôme Cahuzac a ensuite précisé que les sommes versées sur ce compte bancaire provenaient de laboratoires pharmaceutiques, dont "deux versements des laboratoires Pfizer" effectués en 1993. 

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Le 1er compte de Cahuzac ouvert en Suisse a servi" au financement de Rocard

"Une vieille rumeur"

Et l'ancienne figure socialiste de justifier que par le passé, "les financements occultes étaient la règle". "A l'époque, tous les partis politiques le faisaient", assure-t-il. Interrogé par LCI sur ce financement politique occulte présumé, l'entourage de Jean-Paul Huchon, ancien directeur de cabinet de Michel Rochard, évoque une "vieille rumeur". 


Aux côtés de l'ancien ministre du Budget comparaissent son ex-épouse Patricia Ménard et leurs anciens conseillers, le banquier suisse François Reyl et l'ex-avocat Philippe Houman. La discrète banque genevoise Reyl comparaît aussi, en tant que personne morale. A l'ouverture du procès lundi en début d'après-midi, le procureur Jean-Marc Toublanc avait demandé au tribunal une "requalification pour tenir compte de la circonstance aggravante" de la fraude, c'est-à-dire du transfert d'un compte nominatif vers un compte au nom d'une société panaméenne, puis des Seychelles avant d'arriver à Singapour. Un délit puni, depuis 2016, d'une peine pouvant aller jusqu'à 7 ans de prison et un million d'euros d'amende, contre cinq ans de prison et 500.000 euros auparavant.

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