Procès Méric : l'incroyable absence d'un des accusés, arrêté sur le chemin de l'audience

JUSTICE - Le procès de trois skinheads –dont deux sont poursuivis pour les violences ayant entraîné mort de Clément Méric, le militant antifasciste tué en 2013- s'est ouvert avec plusieurs heures de retard ce mardi. L’un des trois accusés, Samuel Dufour, ne s’est en effet pas présenté devant la cour d'assises de Paris après avoir été arrêté lors d'un contrôle devant le Palais de Justice.

Le public commence à trépigner devant la cour d’assises de Paris. Il est 10h30 ce mardi matin. Le procès des trois skinheads soupçonnés d’être impliqués dans la mort du militant antifasciste Clément Méric lors d’une bagarre en 2013 dans le 9e arrondissement de la capitale n’a toujours pas débuté. L’audience devait pourtant s’ouvrir une heure plus tôt. Mais seuls deux des accusés se sont présentés au Palais de justice. Loin du look "skin" qu’ils affichaient cinq années auparavant, Esteban Morillo, costard noir, et Alexandre Eyraud, chemise bleu marine-jean-baskets, patientent dans la salle d’audience aux côtés de leurs avocats. 


Dix minutes plus tard, la sonnerie retentit et la présidente, Xaviere Siméoni, fait son entrée.  "Nous commençons cette audience avec une réelle difficulté, la cour est obligée de constater l'absence d'un des accusés, Samuel Dufour. Cette personne est introuvable, injoignable sur son téléphone portable, je n’entends pas commencer l’audience sans lui", explique-t-elle. La cour décide donc de suspendre l'audience jusqu'à 13h45, en espérant avoir retrouvé l’accusé entre-temps.

"Interpellé pour un contrôle d'identité"

En fin de matinée, l'avocat de Samuel Dufour finit par mettre fin au suspense. Le jeune homme de 25 ans a "été interpellé pour un contrôle d'identité" alors qu'il s'approchait du Palais ce matin, indique Me Fresnault à l’AFP. "Il sera présent à la reprise de l'audience". 


Après ce faux départ, le procès a donc bel et bien débuté en début d'après-midi en présence des accusés au complet. Interrogée par la juge sur son absence, Samuel Dufour a indiqué avoir été arrêté devant le Palais, où se déroulait une manifestation. "Apparemment, je correspondais aux signalements", a-t-il dit, ajoutant qu'il avait expliqué aux agents qu'il était accusé dans un procès. Mais n'ayant pas sa convocation sur lui, il a été emmené au commissariat de Châtelet, le temps de vérifier son identité.

Comme Esteban Morillo, Samuel Dufour est poursuivi pour violences "ayant entraîné la mort sans intention de la donner, commises en réunion et avec arme", en l’occurrence un poing américain -ce point névralgique du dossier fera notamment l'objet des futurs débats. Tous deux encourent vingt ans de prison. Le troisième accusé, Alexandre Eyrault, comparaît quant à lui lui pour violences aggravées. Il risque cinq ans de prison. Le verdict est attendu le 14 septembre.

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