Procès Méric : Qui est Serge Ayoub, cette figure du milieu skinhead français, entendu ce mardi ?

Procès Méric : Qui est Serge Ayoub, cette figure du milieu skinhead français, entendu ce mardi ?

PORTRAIT - Après avoir fait faux bond à la Cour aux premiers jours du procès, le sulfureux Serge Ayoub a été entendu au Palais de justice ce mardi 11 septembre. Retour sur cette figure de la mouvance skinhead qui plane sur l’affaire Méric, comme sur de nombreux autres cas de violences de militants d’extrême droite.

Serge Ayoub est connu comme le loup blanc dans le milieu de l’extrême droite radicale. Il en est l’une des principales figures depuis les années 80. Ce mardi, le quinquagénaire a été attendu au procès des agresseurs de Clément Méric. Après s’être fait porter malade ces derniers jours, l’homme a témoigné pour expliquer son rôle dans cette affaire. Pour l’accusation, son rôle est déterminant car il ne serait rien de moins que le mentor des trois skinheads à la barre. Retour sur son parcours.

Du Parti Socialiste aux Jeunesses Nationalistes Révolutionnaires

Fils de magistrat et de fonctionnaire, le jeune Serge Ayoub fait ses études au collège Saint Sulpice, dans le 6ème arrondissement de Paris, rapporte nos confrères de StreetPress. Un établissement bourgeois, de "bonne famille", qui ne l’empêche pas de se faire peu à peu connaître de la police en tant que skinhead revendiqué. "J'ai rejoint le mouvement skin fin 81 après avoir été déçu par Mitterrand", confirme-t-il à L'Express


En 1983, il est interpellé pour "agression et propos racistes tenus à l’encontre d’élève" d’un autre lycée, puis un an plus tard, pour "port d’arme blanche", "vol avec violence" et "coups et blessures volontaires". 

Rapidement, il se fait un nom et devient Batskin – un surnom en référence à son maniement de la batte de baseball qui lui colle toujours à la peau. Il mène le kop de Boulogne, un groupe de supporters du PSG, puis tente de fédérer les groupuscules skinhead naissants en France en fondant les Jeunesses nationalistes révolutionnaires (ou JNR) à la fin des années 80.

Face à la justice

En 1994, le bad boy se range ... un temps. Une fois les JNR dissout, il reprend ses études, se lance dans le commerce et voyage. Selon Libération, son séjour en Russie dure un peu plus longtemps que prévu, il y est condamné à 8 mois de prison pour trafic de stéroïdes. Ce n’est malheureusement pas la seule affaire qui l’obligera à s’expliquer face à la justice. 


En 2000, il est entendu comme témoin au procès de Régis Kerhuel et Joël Giraud, ses anciens lieutenants du JNR. Les deux hommes sont accusés du meurtre d’un jeune Mauricien, empoisonné et jeté dans la mer au Havre en 1990. Soupçonné d'avoir participé à ce meurtre sordide, Serge Ayoub est un temps mis en examen avant de bénéficier d'un non lieu.


Autre affaire, en 2017, il est mis en examen pour complicité de "tentative d’homicide volontaire". On reproche à celui qui dirigeait alors le groupe néo-nazi White Wolves d'avoir commandité en 2012 une expédition punitive contre un groupe rival. Il sera finalement relaxé.

Un skinhead repenti ?

Si Serge Ayoub dit en avoir fini avec son passé de skinhead, certains éléments interpellent. L'"enfant terrible" relance au début des années 2010 les JNR puis lance le mouvement "Troisième voie pour une avant-garde solidariste", un mouvement qui ne peut que rappeler, une mouvance au nom similaire et né dans les années 80. "Troisième Voie" prônait alors une idéologie  anti-américaine, anticommuniste, anticapitaliste et antisioniste. Ces deux groupes ont été dissous sous l'impulsion du gouvernement de Jean-Marc Ayrault, peu après la mort du jeune Clément Méric.


Ce mardi, il devra notamment s'expliquer sur les faits survenus le 5 juin 2013 et notamment sur ses conversations téléphoniques avec les jeunes skinheads inculpés le jour même du tragique événement. 

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