Gilets jaunes : l’ancien boxeur Christophe Dettinger jugé mercredi pour l’agression de deux gendarmes à Paris

Justice
PROCÈS - Christophe Dettinger doit comparaître mercredi 13 février 2019 devant la 23e chambre du tribunal correctionnel de Paris pour l’agression de deux gendarmes lors de l’acte 8 des Gilets jaunes le 5 janvier 2019 à Paris. L’ancien boxeur, âgé de 37 ans, encourt pour ces faits jusqu’à sept ans d’emprisonnement et 100.000 euros d’amende.

Il avait été placé en détention le 9 janvier 2019 et dort depuis en prison, dans une cellule de Fleury-Mérogis. Ce mercredi 13 février, l’ancien champion de France 2007 et 2008 des lourds-légers, Christophe Dettinger, 37 ans, doit être jugé pour "violences volontaires en réunion sur personnes dépositaires de l'autorité publique", un délit passible de sept ans d'emprisonnement et 100.000 euros d’amende. 


Le trentenaire avait été recherché pendant deux jours, entre le 5 et le 7 janvier 2019, après la diffusion d'une vidéo devenue virale le montrant en train de frapper deux gendarmes sur la passerelle Léopold-Sedar-Senghor, dans le 1er arrondissement de Paris, lors de "l'acte VIII" des "Gilets jaunes", le 5 janvier 2019. 


Il s’était finalement rendu le lundi suivant. Les deux gendarmes blessés, qui se sont constitués parties civiles, se sont vu prescrire 15 et 2 jours d'incapacité totale de travail (ITT). "C'était taper pour vraiment faire mal voire tuer s'ils le pouvaient", avait déclaré l'un d'eux à la presse. 

Un délai pour préparer sa défense

Lors de sa comparution, le 9 janvier dernier, soit quatre jours après les faits, l’ancien boxeur avait dit "regretter (ses) actes" et demandé un délai pour préparer sa défense. Ce père de famille s au casier judiciaire vierge avait expliqué avoir eu un accès de colère après avoir "vu des gendarmes matraquer un jeune homme et une femme au sol".


Incarcéré depuis ce jour-là, il comparaîtra détenu. La cour d'appel de Paris a rejeté fin janvier une demande de remise en liberté, à laquelle s'opposait le ministère public en raison de la "personnalité extrêmement inquiétante et dangereuse" de cet homme "parfaitement impulsif et totalement déterminé à commettre des actes violents".

"Quelqu'un de tendre, de sensible"

Interviewée sur RTL la semaine dernière, Karine Dettinger a soutenu son mari et a décrit un homme différent de celui qui est apparu sur les images. "Les deux minutes de violence que l’on a pu voir à la télé ne résument pas la vie de mon mari. Ça fait 16 ans qu’on est ensemble. Mon mari, c’est quelqu’un de tendre, de sensible, de responsable. C’est un très bon père de famille. Il est tout sauf violent. Il n’est pas excessif. Sur le pont, il a eu un accès de colère. Il a vu une injustice, il a vu une femme au sol se faire matraquer par un homme et il n’a pas supporté cette violence envers cette femme",  a-t-elle assuré à l'antenne.  


L’auxiliaire puéricultrice dans une crèche ajoute au sujet de son époux : "Christophe, c’est Monsieur tout le monde, c’est un père de famille qui fait les devoirs avec les enfants (ils en ont trois, NDLR), qui les emmène au rugby, au cirque, qui se lève tous les matins pour aller travailler[...]". Interrogée par Marc-Olivier Fogiel au sujet de ses partages sur les réseaux sociaux, Karine Dettinger a assuré que ce n'était "pas représentatif". "Il n’est ni d’extrême droite, ni d’extrême gauche, c’est de la plaisanterie. C’est ironique." 

"Il n'a pas frappé la police"

"Nous sommes très inquiets, vu les circonstances, qu’il serve d’exemple", a ajouté sa compagne à propos du procès à venir. "Nous sommes très inquiets qu’il reste incarcéré, qu’il fasse de la prison ferme. Il a peur d’être l’exemple pour les Gilets jaunes". 


Selon elle, Christophe Dettinger n’a pas commis ces actes, le 5 janvier, parce qu’il "ne respecte pas l’uniforme". "Là je pense qu’il n’a pas respecté l’homme qui était en train de frapper une femme. Il n’a pas frappé la police, il frappe un homme, il répond aux coups que l’homme a donné à cette femme. L’accès de colère est tellement fort qu’il ne voit même plus s’il y a un uniforme ou pas. (…) ", a-t-elle précisé. Le boxeur s'était filmé avant de se rendre et avait expliqué son geste.

"Pas de gilets jaunes devant le tribunal"

Pour le procès de mercredi, Karine Dettinger a posté une consigne sur Facebook, demandant à ce que personne n'arbore un gilet jaune devant le tribunal. L'affaire de l'ancien boxeur avait suscité un cagnotte de soutien, finalement bloquée après l'ouverture d'une enquête. La compagne de Dettinger a indiqué que le salaire du mis en cause, agent municipal, avait été bloqué entre le 7 et le 13 janvier.


Et de conclure : "Christophe est responsable de ses actes, il assume. Maintenant il faut que ce soit à la hauteur de ses gestes. Alexandre Benalla a tapé sur des citoyens français et il dort chez lui. Mon mari il est en prison, et il n’a pas place en prison [...] Il y a deux poids deux mesures". Selon Karine Dettinger, "Christophe a fait sa demande pour être gendarme réserviste en mars 2018. On lui a renvoyé un mail disant qu’il fallait qu’il se représente en janvier 2019".  Avant cela, Christophe Dettinger devra être jugé. 

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