Procès de l'attentat raté de Notre-Dame : jusqu'à 30 ans de prison requis contre les deux principales accusées

Justice

TERRORISME - Lors du procès de l'attentat raté aux bonbonnes de gaz près de Notre-Dame en septembre 2016, 25 et 30 ans de prison ont été requis contre les deux principales accusées Ornella Gilligmann et Inès Madani. La réclusion à perpétuité a été requise Rachid Kassim, le commanditaire présumé mort en Syrie.

Elles sont "le visage du djihad au féminin". Les mots de l'avocate générale donne le ton. Des peines de 25 et 30 ans de réclusion criminelle ont été requises ce jeudi 10 octobre respectivement contre Ornella Gilligmann et Inès Madani, jugées devant la cour d'assises spéciale de Paris pour l'attentat raté aux bonbonnes de gaz dans un véhicule stationné près de la cathédrale Notre-Dame en septembre 2016. Ces deux femmes et leurs deux co-accusées ont été "le bras armé" du groupe État islamique et ont montré "une détermination sans faille", a poursuivi la magistrate, qui souhaite garder l'anonymat. Les peines de réclusion requises contre Ornella Gilligmann et Inès Madani sont assorties d'une période de sûreté des deux tiers. 

"Le seul élément" qui a conduit le parquet à ne pas requérir la réclusion criminelle à perpétuité contre Inès Madani "est son âge au moment des faits", a expliqué l'avocat général Jean-Michel Bourlès, dans ce réquisitoire à deux voix. La jeune femme accusée n'était âgée que de 19 ans à l'époque des faits, en septembre 2016. "Je ne peux pas ne pas avoir d'espoir en l'être humain et Inès Madani doit (...) savoir que la société croit qu'elle est capable d'évoluer", a ajouté le magistrat. 

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La perpétuité requise contre Rachid Kassim

Le parquet général a requis une peine de 20 ans de réclusion criminelle assortie d'une période de sûreté des deux tiers contre Sarah Hervouët, l'une des co-accusées, mise en contact avec les autres jeunes femmes par le biais du propagandiste de l'État islamique, Rachid Kassim, présumé mort depuis 2017 et pour qui, en son absence, la perpétuité à été requise. Elle avait porté un coup de couteau à un policier de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) le 8 septembre 2016. "Le sang a coulé dans ce dossier et c'est Sarah Hervouët qui en est l'auteur", a expliqué l'avocate générale. "Nous ne pouvons pas faire des paris beaucoup trop risqués. La preuve du désengagement (de l'islam radical), c'est à Sarah Hervouët de l'apporter".

La même peine assortie d'une période de sûreté des deux tiers a également été requise contre Amel Sakaou, qui avait hébergé Inès Madani et Sarah Hervouët chez elle, à Boussy-Saint-Antoine, dans l'Essonne, peu après l'échec de leur tentative d'attentat à la voiture piégée près de Notre-Dame. Toutes les trois avaient été interpellées alors qu'elles préparaient une attaque.

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