Procès de Montigny-lès-Metz : la prison à perpétuité requise contre Francis Heaulme

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Francis Heaulme de nouveau jugé pour le double meurtre de Montigny-lès-Metz

JUSTICE – L’avocat général a requis la réclusion criminelle à perpétuité contre Francis Heaulme, jugé depuis le 25 avril dernier devant la cour d’assises de Moselle pour les meurtres de Cyril Beining et Alexandre Beckrich en 1986 à Montigny.

Après trois semaines de débats, l’avocat général a requis ce mercredi la réclusion criminelle à perpétuité contre Francis Heaulme. Le tueur en série est jugé depuis le 25 avril devant la cour d’assises de Moselle pour les meurtres de Cyril Beining et Alexandre Beckrich, 8 ans, tués à coups de pierres à Montigny-lès-Metz en 1986.

Durant son réquisitoire de près d’une heure trente, Jean-Marie Beney a attaqué "le rideau de fumée" dressé par la défense visant à "remettre en cause l'innocence d'un homme", Patrick Dils, acquitté en 2002 et dont il a été beaucoup question durant ces quinze journées d’audience. "Francis Heaulme est devant vous pour répondre des crimes d’Alexandre et Cyril, il ne peut se cacher derrière qui que ce soit", tacle l’avocat général.

La substitute Brigitte Harmand-Colette, qui requiert à ses côtés, demande aux jurés de "fermer les yeux" et de "remonter le temps" jusqu’à ce 28 septembre 1986 où Cyril "enfourche son vélo" pour rejoindre son copain Alexandre. "Les enfants sont heureux, ils ont 8 ans et la vie devant eux. Mais ouvrons les yeux et revenons ici. Nous sommes réunis là car Alexandre et Cyril ont croisé un homme qui ne leur a laissé aucune chance", poursuit-elle avant de retracer la chronologie des dernières heures. "Les enfants ont été tués entre 17h15 et 18h10", déroule l’avocate générale, créneau où Francis Heaulme "est présent sur les lieux". 

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Brigitte Harmand-Colette évoque les "constantes" des multiples récits de l’accusé : les enfants qu’il a vus morts sur le talus, le plan qu’il a dessiné aux enquêteurs avec l’emplacement des victimes. "Il a livré des détails qu’il ne pouvait pas connaître sans s’être trouvé là", assène-t-elle. Et de revenir point par point sur les éléments à charge qui accablent le "routard du crime" : les témoignages des deux pêcheurs qui l’auraient vu le visage en sang le jour des faits, les confidences qu’il aurait faites à ses codétenus, les similitudes de Montigny avec ses autres crimes. "L’extrême violence des meurtres fait dramatiquement écho à celle des meurtres pour lesquels Francis Heaulme a été condamné", lance-t-elle. 

Alors, reprend Jean-Marie Beney, "il reste une interrogation : pourquoi continue-t-il à nier ? (…) Il vous dit ‘Montigny, c’est pas moi’ comme s'il voulait se tenir à distance des enfants et de leur humanité". L’avocat général répond "amnésie salvatrice" pour cet accusé qui ne veut pas être "rétrogradé" meurtrier d’enfants dans "la hiérarchie de la prison". Il estime aussi que "des aveux pourraient le conduire à une certaine solitude". "Sa sœur, même si elle s’en est défendue, espacerait ses visites comme après le meurtre du petit Joris Viville", développe-t-il. Et se tournant vers les jurés, l’avocat général conclut : "Francis Heaulme vous a dit ‘Montigny c’est pas moi’. Par votre juste verdict, vous lui direz ‘Alexandre c’est vous’, vous lui direz ‘Cyril c’est vous’ et au nom de l’intérêt général, vous prononcerez la peine prévue par la loi, la réclusion criminelle à perpétuité."

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