Procès de Salah Abdeslam : quelle est cette fusillade pour laquelle il est jugé en Belgique ?

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RÉCIT - Le seul survivant des commandos djihadistes qui ont attaqué Paris en novembre 2015 comparaît à partir du lundi 5 février à Bruxelles avec un complice. Il y est jugé pour sa participation présumée à une fusillade survenue avec des policiers le 15 mars 2016 dans la capitale belge, trois jours avant son arrestation.

Le seul survivant des  terroristes qui ont attaqué Paris et Saint-Denis le 13 novembre 2015 comparaît ce lundi devant la justice, mais pour une autre affaire et dans un autre pays. Le procès de Salah Abdeslam doit en effet débuter en effet à Bruxelles, où l'accusé comparaît – avec un complice - pour sa participation présumée à une fusillade avec des policiers le 15 mars 2016, trois jours avant son arrestation.


Une fusillade à laquelle ne s'attendaient pas les huit enquêteurs qui, ce jour-là vers 14h, arrivent à Forest. Ils se rendent alors dans cette commune de la capitale belge pour une perquisition de routine, à la recherche d'anciennes planques utilisées par les terroristes lors de la préparation des attaques du 13-Novembre. A l'époque, Salah Abdeslam, connu pour être buveur et fêtard, est recherché depuis le 14 novembre 2015 pour son rôle présumé dans les attentats de Paris et de Saint-Denis. Son portrait est diffusé en boucle dans toute l'Europe. Après avoir défoncé la serrure à coup de béliers, les policiers découvrent une pièce quasiment vide. Mais, soudain, un homme surgit dans l'embrasure d'une porte, et leur tire dessus.

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Des mesures de sécurité exceptionnelles à Bruxelles

"L'un était barbu et portait une arme"

Ils viennent, sans le savoir, de découvrir la cachette de Salah Abdeslam. Les compteurs sont coupés depuis deux mois : les policiers croyaient le logement vide. L'homme qui les prend pour cible tient une kalachnikov au niveau des hanches. Il a les cheveux ras et porte une barbe épaisse. Les policiers répliquent, le touchent, l'obligeant à se replier dans une deuxième pièce. Trois d'entre eux sont légèrement blessés dans la fusillade. L'un à la hanche, un autre à la main. Une troisième personne, une Française, est touchée à la tête et au pied. Ils décident de quitter les lieux. Une partie de l'équipe repasse alors par l'entrée, tandis que l'autre doit fuir par le grenier, puis les toits.


Dans le quartier, les voisins se cloitrent chez eux, alertés par les coups de feu et les consignes de la police. Un habitant s'approche malgré tout : il a vu deux hommes prendre la fuite par les toits pendant la fusillade. "L'un était barbu et portait une arme", assure-t-il. Selon lui, ils ont détalé par l'arrière du bâtiment. Sur place, l'équipe des enquêteurs s'affaire avec un autre individu, retranché dans l'appartement. Les unités spéciales arrivent, mais rebroussent chemin face à ses tirs. Au troisième assaut, vers 18h15, l'homme apparaît dans l'encablure d'une fenêtre. Un tireur d'élite l'abat. Il est rapidement identifié : Mohamed Belkaïd, Algérien de 35 ans, qui a été en lien avec les assaillants du 13-Novembre.

Les empreintes parlent

Onze chargeurs de kalachnikov et deux détonateurs sont retrouvés dans le logement de Forest. Mais surtout des empreintes : celles de Salah Abdeslam. Les enquêteurs arrivent à la certitude qu'il est l'un des deux fuyards et qu'il vient de leur échapper. Un fuyard qui demande le jour-même à un cousin, Abid Aberkane, de le cacher avec son complice. Celui-ci accepte. Les deux fugitifs vont d'abord dans sa voiture, puis dans la cave du domicile de sa mère, un petit immeuble de la commune populaire de Molenbeek, tout près du logement des parents Abdeslam. 


Le 18 mars, trois jours après la fusillade, la police belge localise la planque. Le quartier est bouclé. "Sortez les mains en l'air !" Les forces spéciales, suréquipées, encerclent l'entrée. Un homme jaillit soudain : sweat blanc, casquette blanche, pantalon noir, il tente de prendre la fuite, mais s'effondre sur le trottoir sous les tirs des policiers. Des tirs qui mettent fin à la cavale de Salah Abdeslam. Il sera ensuite remis à la France.

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