Procès des attentats de janvier 2015 : Amar Ramdani conteste le témoignage d'une ex sur sa radicalisation

Procès des attentats de janvier 2015 : Amar Ramdani conteste le témoignage d'une ex sur sa radicalisation
Justice

PROCÈS – Amar Ramdani, accusé interrogé sur le fond depuis mercredi, a été invité ce jeudi à commenter les déclarations de deux de ses ex-compagnes venues à la barre. L'une d'elle, Agnès G., a estimé qu'il avait changé du fait de sa pratique de la religion, qu'il était devenu plus "radical". Lui conteste.

"J'ai pas grand-chose à dire à part sur la déclaration d'Agnès G. qui a dit que j'étais une personne radicale. Je ne pense pas qu'elle voulait dire radicalisé, de l'islam tout ça. Dans mon coeur, je sais pourquoi je me suis séparé d'elle, je n'ai pas d'animosité envers elle, c'est la réaction d'une femme jalouse que je comprends", c'est en ces termes qu'Amar Ramdani commente ce jeudi les propos tenus hier par l'une de ses ex-compagnes venue témoigner à la barre. 

Soupçonné par certains de s'être radicalisé en prison, Amar Ramdani, d'origine algérienne, conteste formellement. "J'ai  toujours pratiqué ma religion plus ou moins régulièrement. Moins avant ma détention... Agnès et moi on ne s'est pas vus pendant quatre ans et demi. Avant j'étais un peu foufou, je me suis assagi. Parce que j'ai mûri et peut-être, un peu aussi du fait de la religion". 

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"Boire de l'alcool était devenu impossible"

Mercredi après-midi pourtant, Agnès G. a semblé convaincue du contraire. Le jeune femme de 38 ans, modéliste, le connaît depuis longtemps, une quinzaine d'années. Elle explique qu'il est musulman mais qu'il est devenu "très pratiquant" après son séjour en prison, en 2011-2012.  "Au début, j'avais l'impression que ça le rendait (Ramdani) plus sage, je trouvais ça bien. C'est après coup quand j'y pense que je me dis qu'il y avait peut-être quelque chose derrière ça mais je ne l'ai pas ressenti sur le moment". Elle cite des exemples : "Boire de l'alcool était devenu impossible, des choses comme ça, des choses très radicales quoi". 

Agnès G. relate qu'Amar Ramdani "a complètement changé de façon de se comporter" avec elle, "comme si quelque chose le poussait à faire ça". Elle ajoute : "Il pouvait dire des phrases méchantes. Il ne m'aimait plus car je n'étais pas musulmane". 

"Son changement peut-il être lié au fait qu'il ait trouvé quelqu'un d'autre ?", interroge l'avocat général, ignorant qu'à cette époque Agnès G. ne savait pas que son compagnon menait une double vie. "Je l'ai appris bien après à la télé", informe-t-elle. Elle reste pourtant sûre aujourd'hui encore que ça n'est pas que cette personne qui a fait changer le comportement de son compagnon à son égard. "Je pense que ça ne l'aurait pas dérangé que l'on continue à se voir de façon exceptionnelle", dit-elle.

"J'allais dans cette mosquée écouter des prêches"

Un peu plus tôt mercredi, cette "autre femme" a elle aussi témoigné. Ex-gendarme, elle a été radiée après cette liaison avec Ramdani du fait notamment de la consultation illégale de fichiers. Emmanuelle C., 40 ans, sans emploi désormais, précise avoir rencontré Amar Ramdani via un collègue, surveillant de prison, policier et gendarme réserviste.  Elle l'a beaucoup vu en 2013 -2014, mais ignorait tout de ses condamnations jusqu'au moment où, en passant devant la maison d'arrêt de Villepinte, il lui a dit qu'il y avait été incarcéré. Très amoureuse de lui, elle poursuit malgré tout la relation. "Il avait payé sa dette envers la société", insiste-t-elle. 

Domiciliée au fort de Rosny, la militaire invite de temps en temps son compagnon. Elle aussi a épousé la religion musulmane, mais avant de l'avoir rencontré. Discrètement sur son temps libre, elle va à la mosquée, écoute des prêches. "J'allais dans cette mosquée écouter des prêches. Ça va pas chercher plus loin que ça. J'ai arrêté d'y mettre les pieds en 2013", assure-t-elle, précisant qu'avec trois enfants ça n'étais pas simple. Me Maktouf avocate de la partie civile lui indique que le recteur de cette mosquée et d'autres qui la fréquentaient étaient radicalisées. "Je ne savais pas que le recteur ou d'autres étaient radicalisés, ça n'est pas passé sur TF1 ou sur d'autres chaînes d'infos", lance le témoin

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Pour le témoin, "les gens qui ont commis ces attentats, et ceux qui les ont aidés, n'ont clairement aucune connaissance de leur religion".  Elle assure qu'Amar Ramdani n'était "pas radicalisé". "Etait-ce un manipulateur?", lui demande Me Szwarc. "Non.  Manipulateur non. Si je dois lui trouver un défaut c'est que c'est un homme à femmes, un homme qui plaît aux femmes et je pense qu'il en a profité souvent, c'est tout ce que je peux lui reprocher", conclut la quadragénaire qui est retournée le voir en prison en 2015, 2016 et 2017 et qui semble toujours éprise de cet accusé aujourd'hui dans le box. 

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