Procès des attentats de janvier 2015 : après l'attaque rue Appert, "une ambiance encore plus lourde"

Trois jours après l'attaque perpétrée dans le 11e arrondissement de Paris devant les anciens locaux de Charlie Hebdo et au cours de laquelle deux personnes ont été blessées, le procès a repris.

JUSTICE- Trois jours après l'attaque perpétrée à proximité des anciens locaux de Charlie Hebdo, à Paris, l'audience a repris ce lundi au procès des attentats de janvier 2015 dans un climat pesant.

Avocats ou parties civiles, certains avaient prévenu qu'ils ne seraient pas là, en raison de Yom Kippour, grand jour du pardon Les autres ont regagné les bancs de la salle d'audience dans un climat bien particulier ce lundi 28 septembre, après l'avoir déjà quitté sous le choc vendredi, quelques heures après l'attaque perpétrée rue Nicolas Appert, devant les anciens locaux de Charlie Hebdo. Attaque au cours de laquelle deux employés de la société Premières Lignes, âgés de 28 et 32 ans, ont été blessés. 

Mais avant même de parvenir à la salle 2.02 ou dans l'une des salles de retransmission du procès des attentats de janvier 2015, un changement a été observé avant à l'extérieur même du palais. "L'entrée se fait désormais ici, et jusqu'à nouvel ordre", indique ainsi un gendarme à une dame qui travaille quotidiennement au tribunal. L'entrée des professionnels, où pouvaient avant passer les journalistes et tous les employés du palais s'est réduite telle une peau de chagrin. 

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Le parvis était par ailleurs accessible que d'un côté et toute l'esplanade devant le tribunal désertée, à l'exception des gendarmes qui en assurent la sécurité. "Le tribunal est surveillé en temps normal, avec ce procès et les nouvelles publications des caricatures, il l'était encore plus. Il l'est devenu plus encore avec les menaces d'Aqpa du 10 septembre, et bien sûr plus encore depuis l'attaque de vendredi. Bien évidemment, le détail du dispositif comme des effectifs en tenue ou en civil ne sera pas communiqué", explique une source policière à LCI

"On n'a pas tourné cette page de folie"

Avocat notamment de Michel Catalano, et de Lilian, otages de l'imprimerie de Dammartin-en-Goële où s'étaient réfugiés les frères Kouachi le 9 janvier 2015, Me Casubulo Ferro confirme le changement d'ambiance avant le début de l'audience. 

"L'ambiance était particulière vu la gravité des faits commis en 2015, elle est plus lourde encore aujourd'hui, avec ce qu'il s'est passé vendredi, après cette attaque dans le 11e. Deux personnes qui fumaient ont été attaquées, cela montre que l'on n'a pas tourné cette page de folie de types qui peuvent se saisir de n'importe quoi pour blesser les autres au nom d'un Dieu. On se demande si Cabu n'avait pas raison : c'est dur d'être aimé par des cons", regrette-t-il.

Cette attaque est pour Me Mouhou, avocat de l'agence Premières Lignes, précise que c'est une "réactivation du traumatisme" pour ses clients. "C'est extrêmement difficile pour eux de revivre la même situation".

En marge de l'audience, un peu plus tard, Me Malka, avocat de Charlie Hebdo est consterné. Face à la presse il déclare: "Il est temps de réagir, il faut que les intellectuels se réarment et il faut que les politiques passent du discours aux actes. Face à cette sauvagerie, soit on réaffirme notre détermination et c'est la seule chose qui nous protègera et qui les dissuadera, soit l'autre choix, c'est l'obscurantisme".

Le conseil du journal satirique, "atterré, effondré, comme nous tous par ce nouvel attentat",  rappelle : "Charlie Hebdo se retrouve manifestement encore une fois en première ligne parce que ce terroriste cherchait Charlie Hebdo.  Mais on est complètement dépassés par ces enjeux-là, c'est bien plus grand que nous. C'est notre mode de vie qui est en jeu. On ne va pas laisser déterminer l'étendue de nos droits par des individus qui prennent des machettes."  "Un individu abreuvé de haine a, parce qu'il s'est senti offensé, été prendre une machette pour tuer tout le monde. Mais quel être humain fait ça?", s'est interrogé Me Richard Malka, disant penser "intensément" aux deux victimes de l'attaque.

Comme il l'avait fait vendredi, le président de la cour d'assises spéciale n'a pas dit un mot sur l'attaque du 11e. Dans la salle d'audience, les débats ont repris. Il était question ce matin de la téléphonie d'Amedy Coulibaly et des frères Kouachi. 

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