Procès des attentats de janvier 2015 : la soeur d'Hayat Boumedienne affirme ne pas savoir où est sa soeur

Procès des attentats de janvier 2015 : la soeur d'Hayat Boumedienne affirme ne pas savoir où est sa soeur
Justice

SUR PLACE - K. Boumedienne, la soeur d'Hayat Boumedienne, qui est jugée par défaut, a témoigné ce vendredi devant la cour d'assises de Paris dans le cadre du procès des attentats de janvier 2015. Elle a indiqué avoir eu sa soeur au téléphone pour la dernière fois il y a 11 mois. Mais ne pas savoir où elle se trouve.

Perruque avec des cheveux noirs sur la tête, chemise rouge à motifs blancs, pantalon noir très large et foulard noir sur les épaules, K. Boumedienne est venue ce vendredi parler de sa petite soeur Hayat devant la cour d'assises de Paris. Compagne d'Amedy Coulibaly, Hayat Boumedienne, visée par un mandat d'arrêt international, est jugée par défaut dans le cadre du procès des attentats de janvier 2015. Poursuivie pour "association de malfaiteurs terroriste criminelle" et "financement du terrorisme", elle encourt vingt ans de réclusion criminelle. 

Si certains la disent morte, jamais les sources officielles n'ont confirmé son décès. D'autres la disent toujours en fuite. Sa soeur ainée, elle, est peut-être l'une des dernières personnes en France à avoir eu des contacts avec cette jeune femme de 32 ans, partie pour la zone irako-syrienne quelques jours avant les attaques sanglantes en compagnie des frères Belhoucine -jugés par défaut eux aussi. Plusieurs échanges téléphoniques ont eu lieu en effet entre les deux soeurs depuis janvier 2015. 

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Le dernier en date ne remonte pas à si longtemps. "Les deux premières années, Hayat m'a contactée deux fois. Ensuite, c'était une fois par an. La dernière fois remonte à octobre 2019", a ainsi déclaré K. Boumedienne à la barre.  "Qu'a-t-elle dit à cette occasion ?" interroge le président".  "Elle voulait prendre des nouvelles, donner des nouvelles, parler de sa situation. Ce sont des discussions cordiales. Elle m'a dit qu'elle n'avait pas refait sa vie, qu'elle était toute seule, célibataire, entourée de familles, d'enfants. Elle ne m'a pas parlé d'une relation quelconque. Mais on a jamais eu de discussion intime... même quand elle était en France. A priori, elle n'a pas refait sa vie comme on a pu l'entendre dans les médias", répond simplement K. Boumedienne.  

Cette déclaration vient accréditer le témoignage d'une Française rentrée de Syrie. Sonia M. a en effet affirmé avoir vu l'accusée en octobre 2019 dans l'immense camp de réfugiés syrien d'Al-Hol. Selon cette "revenante", entendue dans le cadre d'une autre procédure, Hayat Boumeddiene s'en serait depuis échappée, possiblement vers Idlib.

"J'ai espoir qu'elle me dise : 'Je veux revenir en France'"

Interrogée par la cour sur les conversations au fil des ans avec sa soeur, K. Boumedienne n'a donc livré que très peu d'informations sur leur contenu. Elle affirme avoir toujours ainsi ignoré où se trouvait cette dernière. "Elle ne me l'a jamais dit" assure-t-elle. Les gens avec qui elle serait ?  Elle l'ignore également. 

"Je vous sens un peu contrainte, un peu limitée dans vos déclarations. Est-ce parce que vous avez une volonté de maintenir ces liens que vous ne voulez pas trop noircir le tableau ? Est-ce que vous nous avez dit tout ce que vous avez à dire ?", lui demande  l'avocate générale Julie Holveck. "Je ne peux pas me souvenir de toutes les conversations que j'ai eues", explique le témoin. Puis K. Boumedienne ajoute : "Je maintiens ce lien avec ma soeur parce que j'ai espoir qu'elle me dise un jour :'Je veux revenir en France'". 

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Me Jean Chevais, qui défend l'un des accusés, rebondit sur cette déclaration : "Si Hayat Boumedienne sonne à la porte, vous l'accueillerez ?" "Oui, je lui ouvrirai la porte. Ensuite, on fera les démarches nécessaires avec la justice".  Surpris, Jean Chevais lui demande :"Vous en êtes sûre ?" "J'en suis certaine", répond la soeur de l'accusée par défaut.

La réponse ne semble pas convaincre les avocats des parties civiles, notamment parce que K. Boumedienne n’a pas prévenu la police du dernier appel de sa soeur. Mais était-ce à elle d'avertir les enquêteurs. "Depuis un an, la DGSI ne vous a pas convoquée pour savoir si vous aviez des nouvelles de votre soeur ?" interrroge alors Marie Dosé, avocate de la défense, étonnée que la police n'ait pas eu cette information.  Le témoin répond  simplement :  "Non".

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