Procès des attentats de janvier 2015 : la partie civile dénonce "l'indécence" de la défense

Attentats de janvier 2015 : les familles des victimes face aux accusés
Justice

PASSE D’ARMES - Les avocats de la défense et de la partie civile n’ont pas attendu longtemps pour s’écharper, ce mercredi, au premier jour du procès des attentats de janvier 2015. En cause : la demande de supplément d’information du conseil de l’un des principaux accusés.

Première audience et premières passes d’armes. Alors qu’a débuté ce mercredi 2 septembre le procès des attentats perpétrés les 7, 8 et 9 janvier 2015 à la rédaction de Charlie Hebdo, à Montrouge puis à l’Hyper Cacher, il n’a pas fallu attendre longtemps pour voir les avocats de la partie civile s’en prendre vertement à Me Isabelle Coutant-Peyre, conseil du principal accusé présent, Ali Riza Polat.

En cause, la demande de l’avocate d’un supplément d’information concernant les fournisseurs des armes qui, déplore-t-elle, "sont connus" mais "ne sont pas dans ce procès". Mais aussi ses critiques contre l'organisation du procès, "inéquitable" à ses yeux pour son client. "Je compatis à la souffrance de toutes les victimes, irréparable et définitive", mais "elle aurait pu être évitée si les services de renseignement et de surveillance avaient fait sérieusement leur travail", a-t-elle en outre attaqué. 

"Indécent" et "odieux"

Une requête et des propos aussitôt jugés "indécents" et même "odieux" par des avocats des parties civiles. "Demander un supplément d’information maintenant est indécent", a ainsi relevé Me Patrick Klugman, défenseur de plusieurs d’entre elles. "C’est le droit de la défense, mais c’est justement un pur moyen de défense, sans justification." 

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"Le ton est donné, on a donc ici des victimes expiatoires des services de renseignement", a pour sa part ironisé Me Caty Richard. Une indignation partagée par Me Samia Maktouf, l’avocate de Lassana Bahily, héros de l'Hyper Cacher, pour qui ce supplément d'information "n'est pas justifié". Et d’appuyer : "Je reprends les propose de mon confrère. C'est de l'indécence de dire que Monsieur Ali Riza Polat a subi un préjudice."

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Signe de l’ampleur de l’indignation, d'autres avocats de la partie civile ont eux-aussi dénoncé le caractère "odieux" de la demande de Me Coutant-Peyre, certains évoquant une "farce".

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